Scott Pilgrimm Vs. The World

On 28/11/2010 by Nicolas Gilson

En réalisant l’adaptation cinématographique de SCOTT PILGRIM VS. THE WORLD, Edgar Wright signe un film dynamique et pétillant à l’univers singulier.

Scott Pilgrimm est un jeune homme à l’imagination débordante qui vit dans une bulle. Célibataire quelque peu pataud, il traîne une nouvelle petite amie beaucoup trop jeune et un peu trop groupie alors qu’il n’a pas encore fait le deuil de sa précédente relation – la relation qui l’a brisé. Bassiste d’un groupe au nom improbable « Sex Bob-Omb », il va littéralement tomber en amour avec Ramona Flowers. Cependant pour gagner le cœur de la jeune-fille, qui lui est apparue dans ses rêves, Scott va devoir en affronter les sept ex maléfiques. Derrière cette tram narrative, se cachent bien des éléments. Non seulement le combat dans lequel s’engage Scott est avant tout un combat face à lui-même, et donc en un sens un quête initiative, mais il est aussi le fruit de sa propre imagination. Le scénario se veut donc être la pure projection de l’esprit du jeune homme : un imaginaire riche et truffé d’éléments faisant écho à sa génération.

Plus encore le scénario, qui accuse toutefois de quelques longueurs, met en scène une pluralité des possibles sentimentaux et sexuels aussi riche qu’intéressante. Epinglons le fait que parmi les ex maléfiques se trouvent une jeune fille et des jumeaux … Mais soulignons la présente d’un personnage secondaire homosexuel dont le choix sexuel est porteur de plaisanteries variées qui se jouent des notions de genre et de norme. Il est donc possible de rire avec lui et non de lui – un détail qui a son importance dans les grosses productions américaines.

La justesse de la réalisation tient au ton que Edgar Wright a su lui insuffler. L’ironie et le sarcasme sont au rendez-vous au-delà des répliques quelques fois savoureuses. Il met en place esthétiquement une réelle assimilation de la logique des jeux vidéo et des bandes dessinées. Les inscriptions et les effets ne sont jamais gratuits. Il nourrissent et complètent l’ensemble. Et comme le plausible n’a pas de raison d’être, la surenchère est plaisante. Toutefois la direction d’acteur tient au vérisimilaire : au sein de l’artifice le ressenti des protagonistes est bien réel – ou alors délicieusement exagéré. Scott effectue un réel parcours, et la qualité d’interprétation de Michael Cera est là pour nous le faire ressentir.

SCOTT PILGRIM VS. THE WORLD
SCOTT PILGRIM
♥♥(♥)
Réalisation : Edgar WRIGHT
USA – 2010 – 112 min
Distribution : UPI
Comédie
EA

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