Sans Rancune !

On 01/07/2009 by Nicolas Gilson

Sortie du Film Sans Rancune ! de Yves HANCHAR

«1955, Laurent Matagne (17 ans), croit discerner sous l’identité de son professeur de français surnommé « Vapeur », son père disparu lors d’un raid aérien pendant la guerre 40.Vapeur est excentrique, mystérieux, brillant et il communique vite à Laurent sa passion pour la littérature, au point de susciter chez lui une vocation d’écrivain. Matagne mène une enquête. Il tente de vérifier son pressentiment et échafaude en même temps son premier roman.»

CLASSICISME ET NARRATIVITE ROMANESQUES

Malgré une artificialité appuyée, Sans Rancune ! est un film empreint d’une évidente sincérité. Ce sentiment flou permet de dépasser la facture foncièrement classique dont fait preuve le réalisateur, Yves Hanchar, en conviant le spectateur à rencontrer un protagoniste touchant et humain à l’aube de l’âge adulte.

En faisant fi de la séquence d’ouverture, le scénario atteste d’une rare justesse d’écriture. Certes l’approche est foncièrement narrative mais au travers d’un classicisme pleinement assumé Yves Hanchar parvient à dresser le portrait d’une période charnière, celle du devenir. Et si la quête identitaire est au centre des interrogations du protagoniste, elle est judicieusement mise en exergue au travers d’une complexification romanesque judicieusement mise en abîme.

Celle-ci permet de gommer l’ennui que peuvent susciter le caractère trop écrit du dialogue, les appuis insistant de la mise en scène ou encore le jeu quelque fois récitatif. Car la complicité qui prend place au sein du récit est proprement communicative. Une complicité plurielle, celle fraternelle entre élèves ou encore avec les professeurs, mais aussi une complicité douce et amère entre un fils et sa mère.

Enfin parallèlement à une étrange notion de nostalgie qui entoure l’hypothèse même de l’adolescence appréhendée comme matricielle et moteur de soi, c’est une pleine époque qui prend vie. Celle de la Belgique d’après guerre, d’un patriotisme perdu, d’une solidarité disparue. Ces deux époques se font intelligemment écho : l’après-guerre comme l’adolescence ont comme point commun d’être un terreau vivifiant ; celui de tous les possibles. Et si le spectateur sait ce qu’il est advenu de la société il ne peut pas préjuger des lendemains dont il se pourrait être acteur.

Ainsi Sans rancune ! esquisse l’hypothèse même de tous les possibles : ceux où le destin n’est pas une fatalité passive.

SANS RANCUNE !
**
Réalisation : Yves HANCHAR
Belgique/France – 2009 – 104 min
Distribution : Victory
Comédie dramatique
Enfants admis

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