Safe Haven

On 13/04/2013 by Nicolas Gilson

Une jeune femme en fuite, un policier à sa poursuite : voilà les bases d’une aventure qui emporte pourtant l’héroïne dans un romasnesque mielleux et monstratif frôlant – soyons gentils – le pathétique. Balourd à souhait, SAFE HAVEN est une comédie romantique crétine qui prend nous prends des imbéciles. Les amateurs apprécieront.

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« The king of rice »

Après DEAR JOHN en 2010, c’est la seconde fois que Lasse Hallström signe l’adaptation d’un roman de Nicholas Sparks. Le prolifique réalisateur suédois qui enchaine les projets à un rythme effréné semble avoir parfaitement intégré une petite musique rimant avec efficacité et artificialité, et mettant en scène des consensuels paradigmes amoureux et/ou familiaux. Flirtant avec la piste du thriller teinté d’une touche de fantastique – une fantaisie de l’auteur –, il compose avec SAFE HAVEN un film sans relief cousu de fil blanc tant la finesse en est absence.

Après avoir pris la fuite dans un car, Katie décide de rester dans une bourgade balnéaire où celui-ci a fait escale. Elle dort sur la plage – en maintenant un brushing parfait – trouve un travail de serveuse et une maison isolée au milieu des bois. Tout s’enchaine tellement vite qu’elle séduit malgré elle l’épicier local, veuf depuis un an, à qui elle semble redonner le goût à la vie. Quelque peu réticente – après tout n’est-elle pas en fuite – Katie tombe fatalement sous le charme… mais son passé la rattrape.

Construit à gros traits, le scénario ne met en place que les détails qui dramatiquement font sens en faisant fi de toute vérisimilitude. Le film manque dès lors de crédibilité tant la logique narrative tend au ridicule. Mais bon… soyons aveugle : il s’agit d’une histoire d’amour !

Si tout est artificiel et appuyé, gageons alors que cela l’est à dessein. Relevons tout de même les mouvements de travelling incessants qui n’expriment rien – car n’est-ce pas super de faire gratuitement de belles images « carte-postale » légèrement hypnotiques ? – et les flash-back d’une incroyable lourdeur. Voyons dans le surjeu des acteurs l’intelligence d’une brillante caricature nous permettant de nous fondre à la dimension archétypale de l’ensemble. Afin de parvenir à cela, le réalisateur recourt même à une enrobage musical à la fois conditionnant et intertextuel – quelle bonne idée que d’employer des morceaux de musique (variés tout en restant commerciaux) dont les paroles semblent faire corps avec l’exacerbation du pathos des protagonistes afin d’être sûr que nous comprenions bien les enjeux psychologiques. SAFE HAVEN, sauve qui peut !

Safe Haven

SAFE HAVEN

Réalisation : Lasse HALLSTROM
USA – 2032 – 115 min
Distribution : A-Films
Comédie romantique

Safe haven - affiche

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