Rythme Paradoxal

On 25/05/2012 by Nicolas Gilson

Les journées sont chaudes et ensoleillées, alors que le festival touche à sa fin, le rythme cannois se met enfin en place. Situation paradoxale puisque le marché du film est maintenant désert et que les sections parallèles ferment une à une leurs portes.

Ainsi la 51 ème Semaine de la Critique s’est clôturée hier avec la projection de deux court-métrages : MANHA DE SANTO ANTONIO de João Pedro Rodriguez et WELKER – BEAUTIFUL de Tsaï Ming-Liang. Le palmarès a été auparavant dévoilé. Le Grand Prix Nespresso a été remis à Antonio Méndez Esparza pour AQUI ALLA et le prix Révelation revient pour sa part à SOFIA’S LAST AMBULANCE de Ilian Metev. Meni Yaesh voit son film LES VOISINS DE DIEU être couronné du prix de la SACD. Côté court, c’est UN DIMANCHE MATIN de Damien Manivel qui est primé – une mention spéciale a été remise à O DUPLO de Juliana Rojas. HORS LES MURS de David Lambert – le seul film de la section que nous avons vu – y a reçu un prix satellite : le Rail d’Or remis par les cheminots cinéphiles.

Aujourd’hui, alors que la compétition semble terminer en apothéose en ce qui concerne les castings qui montent les marches, la Quinzaine fermera ses portes. Peut-être l’occasion de célébrer cela en musique et en se trémoussant, comme ce fut le cas hier lors de l’ultime soirée de la Semaine de la Critique – sans vraiment se trémousser pour notre part. Sur la plage Nespresso où avait lieu l’événement, Céline Sciamma (TOMBOY) a mis le feu en se glissant derrière les platines… Mais en ayant COSMOPOLIS de David Cronenberg au programme dès 8h30 – en traduction réveil à 7h pour être sûr d’avoir une place correcte – nous fuyons la fête.

Un nouveau film américain projeté de bon matin afin d’avoir un casting glamour sur la « red carpet » de la projection de 20h, celle-là même qui défilera en direct à la télévision et qui permettra à une partie du casting de passer en direct sur le plateau de Canal plus. L’équation est systématique : pour la « principale » montée des marches, il faut exciter le spectateur lambda, mettre les strass et les paillettes en avant. Ainsi PAPERBOY, KILLIG THEM SOFTLY, LAWLESS ou encore ON THE ROAD semblent répondre à cette nécessité – espérons que COSMOPOLIS vaille la peine au-delà de son casting, ce qui ne fut pas les cas des trois autres films. Zack Efron en slip blanc sous la pluie face à une Nicole Kidman hyper sexué, c’est drôle, sans doute moins indigeste lorsque l’impression de satiété n’est pas atteinte, mais là, c’est juste insupportable. Au-delà de la l’appréciation de la légitimité de la sélection de ces films en sélection officielle et/ou en compétition, c’est la désolation de constater que le « business » fait sa loi. Si nous ne regrettons pas de voir les équipe de VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU ou AMOUR monter les marches sous les projecteurs et le crépitements des flash, ne jamais mettre en lumière des films plus compliqués ne leur est sans doute pas salutaire auprès du large public. La cinéphilie a donc ses limites… toutes commerciales.

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