Renoir

On 02/01/2013 by Nicolas Gilson

En 1915, sur la Côte d’Azur, Andrée se présente comme modèle chez Auguste Renoir. Elle dit être envoyée par la femme du peintre dont elle ignore en fait le décès. Peut-être est-ce dû à son culot plus qu’à ses charmantes courbes qu’elle a séduit le peintre qui fit d’elle son dernier modèle. Alors que le pays est frappé par la guerre – les deux aînés du peintre sont d’ailleurs au front – un vent d’insouciance souffle sur la vaste demeure.

Si Andrée s’offre sous toutes ses coutures, elle ne dévoile rien ou très peu d’elle-même. Bien que le peintre le peintre est fasciné, il est compliqué de partager ce sentiment tant il est creux. L’intérêt se reporte alors un temps vers les cuisines où les femmes se disputent toutes un même homme (le peintre) et où des secrets semblent pouvoir être ébruités. Néanmoins l’émoi n’est que vain et la superficialité, ici aussi, se fait sentir. Alors tandis qu’Andrée pose, l’ennui s’impose.

Il faut attendre le retour de Jean Renoir blessé à la guerre pour espérer trouver le propos sur lequel s’appuie le réalisateur, pour escompter découvrir la perspective mise en place et en scène. Une vaine espérance.

Le scénario semble être une addition de tableaux illustratifs dépourvus de sensibilité. Il est rare que des dialogues apparaissent aussi bien écrits et s’avèrent si mal mis en bouche : indépendamment du jeu des différents protagonistes ce sont les intentions voulues par le réalisateur qui sonnent faux ou platement romanesques. L’enrobage musical abonde en ce sens et se révèle assassin tant il met en place une impression indépassable d’artificialité. Seule la qualité de photographie est à relever sans pour autant emballer.

Sirupeux à souhait (ou pas), RENOIR est un triple portrait – celui d’Andrée, Auguste et Jean – superficiel qui ne permet pas rencontrer les protagonistes mis en lumière. Andrée est présentée comme la muse des Renoir père et fils, et si elle a été oubliée par l’Histoire, le film dirigé par Gilles Bourgos le sera plus que certainement par celle du cinéma.

RENOIR

Réalisation : Gilles BOURDOS
France – 2012 – 111 min
Distribution : Cinéart
Comédie dramatique

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