REC 3 – Genesis

On 02/04/2012 by Nicolas Gilson

Face au premier volet de ce qui est devenu une trilogie, REC 3 – GENESIS est d’une rare pauvreté. S’assumant peu à peu, au fur et à mesure de son évolution, en nanar de série B, le film s’émancipe radicalement de l’approche esthétique première (la caméra « témoin ») et sombre dans une artificialité déjà présente dans le second (maintenant deuxième) volet. Que reste-t-il de la singularité de REC ? Rien.

Seul le lancement du prologue est intéressant : un apparent faux départ qui déjà laisse à pressentir le basculement vers la parodie. Toutefois, cette longue séquence introductive, qui entremêle les sources d’enregistrements vidéo en un zapping improbable, est anéantie radicalement de manière double : non seulement il s’agit de pure esthétisation, les images « témoins » n’ayant d’autre intérêt que celui, formel, de renvoyer aux précédents volets (REC 2 étant déjà platement démonstratif à cet égard), mais qui plus est, un protagoniste casse d’un coup de pied une des caméras afin de conduire à l’émancipation de cette approche « réaliste ».

En se libérant de cette contrainte, REC 3 – GENESIS sombre plus encore vers une approche démonstrative, déjà mise en place lors du précédent épisode, à coup de renfort musicaux, de nombreux effets visuels et sonores…

Et ce manque d’originalité esthétique va de pair avec un épuisement narratif. Le scénario est truffé de rebondissements creux. Néanmoins il flirte avec la série B ce qui est une triste compensation… En n’assumant pas d’emblée ce statut de sous-genre, REC 3 – GENESIS devient un drôle exercice d’épuisement comme si l’absence d’originalité du film était mise à nu, comme si le basculement vers la parodie s’inscrivait peu à peu à l’écran. Alors, entre les reliques de Saint-Georges qui transforment le protagoniste masculin principal en chevalier et la tronçonneuse qui fait de sa jeune épouse une guerrière, on rit. D’un rire amer et désolant.

Pour ce qui est de « la genèse », celle-ci ayant déjà été mise à nu gauchement auparavant, il est ici question d’épisode biblique. Un point de vue moralisateur sans intérêt qui exacerbe la pauvreté de la volonté de trouver une explication à l’emprise du « mal » sans pour autant la rendre intelligible. Affligeant.

REC 3 – GENESIS

Réalisation : Paco Plaza
Espagne – 2012 – 80 min
Distribution : Cinéart
Thriller / Horreur

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