Raiponce – Rapunzel – Tangled

On 28/11/2010 by Nicolas Gilson

Si le scénario de RAIPONCE est décevant, la réalisation est pour sa part bien ficelée. Opus en animation 3D, le film fonctionne sans pour autant convaincre. Tout est démonstratif afin de feindre la féérie et de conduire aux sensations dictées par le médium en mode lunettes … Seule une touche d’humour nous ravit ponctuellement. Pour le reste, tout est cousu de fil blanc selon une construction narrative et visuelle d’une évidence dévastatrice. Certes c’est un Disney, un conte revisité et édulcoré… Mais n’avons-nous tout de même pas le droit de voyager en pays merveilleux sans régresser ? A moins que ce ne soit dû à la nécessité d’oublier toute logique et tout idéal autre que ceux d’une société machiste, aveugl(é)e et manichéenne. Mièvrerie et consensualisme sont donc au rendez-vous.

Plus que tout autre production, un Disney est un véhicule d’images pour ne pas dire de formatage. La caractérisation des protagonistes conduit basiquement à la perception de rôles qui vont prendre un écho considérable dans l’esprit, en constrction, des enfants. RAIPONCE met en place la mécanique du « Prince charmant » dans ce qu’elle a de pire. Enfin, il s’agit ici de la variante de la mécanique variante : le Prince n’est qu’un vil voyou, qui va s’éprendre d’une princesse qui s’ignore, et l’amour naissant va le rendre bon … Attention, leçon de vie … Trêve de considérations, soulignons le retour des chansons afin que les personnages s’expriment et que l’histoire trouve un rythme. Avant qu’elles ne prennent place, un pre-générique, où le voyou s’adresse à nous en voix-over, établit une complicité avec le spectateur et met en place les prémisses du récit. Lorsque nous découvrons Raiponce, une première chanson permet de comprendre son quotidien … Un quotidien d’un rare ennui et répétitif qui exacerbe la condition des jeune-filles dans les contes : Raiponce est enfermée à l’intérieur, ne peut que rêver d’un extérieur qui lui est interdit et se cultive sur base de la lecture de trois pauvres livres. Et ce qui est impressionnant c’est que la jeune fille séquestrée et limitée dans son éducation a un vocabulaire riche et, nous allons le découvrir, témoigne d’une admirable dextérité face au milieu extérieur – au point de savoir nager. Soit nous pouvons y lire la supériorité intuitive des femmes, soit nous sommes considéré comme stupide et prêt à gober n’importe quoi, puisque nous pénétrons le monde merveilleux … Bon d’accord, nous craquons face aux animaux au comportement à la fois humain et propre à d’autres animaux (un terrible cheval et un amusant caméléon), sans nous poser la question du plausible … Mais un cheval qui remue la queue, n’a pas la même influence que le désir intrinsèque de se marier. Soit.

RAIPONCE signe un curieux retour au classicisme. Et la mièvrerie des personnages est telle que seule la méchante sorcière peut compter sur son charisme pour rivaliser le cheval et le caméléon. C’est dire.

TANGLED
RAPUNZEL
RAIPONCE

Réalisation : Nathan GRENO et Byron HOWARD
USA – 2010 – 101 min
Distribution : Disney
Animation
EA

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