Paris-Manhattan

On 09/07/2012 by Nicolas Gilson

Alice a découvert le cinéma de Woody Allen alors qu’elle avait 15 ans. Depuis, il est devenu son confident. La jeune femme, trentenaire et célibataire, dialogue avec lui ou plutôt avec son poster. Sa famille la rêve en couple et alors que sa soeur et son beau-frère ont épuisé leurs contacts, son père distribue en vain sa carte de visite à tous les hommes qu’il croise. Mais une rencontre de hasard pourrait changer la donne…

« C’est ton maximum ? »

Si le pitch peut être séduisant, d’entrée de jeu PARIS-MANHATTAN s’avère affligeant. Tout est superficiel et emprunté, artificiel et démonstratif. D’emblée la réalisatrice contextualise son récit avec une séquence d’introduction proprement ridicule. L’évocation – en voix-over – de la rencontre entre Alice et Woody Allen s’opère par l’intermédiaire d’un flash-back désastreux dont la mise en scène est lamentable. Alice Taglioni interprête alors son personnage âgé de 15 ans de manière tellement caricaturale que c’en est désespérant. « Deux ans plus tard » ou encore « dix ans plus tard », c’est avec le même effroi qu’il nous est donné de découvrir la jeune fille devenant peu à peu femme dans des situations toutes plus caricaturales les unes que les autres. S’il est question de mise en scène, celle-ci est désolante. Sans oublier un enrobage musical insupportable… Le ton est donné.

Sophie Lellouche joue avec de nombreux effets sans pour autant insuffler à son film la moindre originalité. La mise en scène est d’un bout à l’autre du film complètement artifcielle. La direction d’acteur est tellement affligeante que c’en devient pénible plus que ridicule. Tout est d’une balourdise incommensurable.

Si la réalisation est en tous points maladroite, la principale faille du film tient cependant de son scénario. Si le premier bémol revient à la séquence d’introduction, la construction scénaristique dans son ensemble est d’une gaucherie affligeante. Tout est artificiel sans que l’artifice ne soit moteur… Changeant sans cesse de point de vue, ne développant ses protagonistes que de manière superficielle, oscillant de la comédie à la romance en mettant en place des éléments qu’elle ne développe pas, Sophie Lellouche compose une fresque qui n’est pas même rocambolesque. Du jugement à la critique de celui-ci, de la marginalité au désir inexorable de rentrer dans le moule en vivant en couple : la ligne scénaristique ne cesse d’être parsemées de rebondissements qui sont tous plus inintéressants, absurdes et affligeants les uns que les autres… A force de légèreté, faute de talent, Sophie Lellouche s’enlise dans une « naïveté » lourde et pathétique

A la pauvreté de l’écriture, sans cesse palpable, répondent des dialogues d’une rare mièvrerie – sauf ceux qui sont extraits des films de Woody Allen. Il est dès lors d’autant plus surprenant de constater que le cinéaste se soit prêté au jeu.

PARIS-MANHATTAN

Réalisation : Sophie LELLOUCHE
France – 2012 – 75 min
Distribution : Victory Productions
Comédie Romantique

Brussels Film Festival 2012 – Avant-Première

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