Oslo, August 31st

On 29/02/2012 by Nicolas Gilson

Le réalisateur norvégien Joachim Trier met en scène avec beaucoup de sensibilité une adaptation du roman de Pierre Drieu La Rochelle (« Le Feu Follet », 1931) dont il place les enjeux à Oslo aujourd’hui. OSLO, AUGUST 31st est le bouleversant parcours d’Anders qui, en fin de cure de désintoxication, se rend à Oslo pour un entretien d’embauche. Une sortie, emplie d’émotion, qui le confronte à sa vie…

Le première force du film est de mettre en place un climat à la fois nostalgique et commun qui guide notre regard. OSLO, AUGUST 31st s’ouvre sur une séquence où se succèdent différentes prises de vue de la capitale norvégienne et où se mêlent les époques et les regards en multipliant les sources tant visuelles et esthétiques que sonores et dialogiques : plusieurs voix captent ainsi notre attention autour de l’évocation d’un temps qui semble révolu.

Cette pluralité fait alors place à la centralité du personnage d’Anders. Nous sommes d’emblée confrontés au trouble qui habite le jeune homme et ce grâce à une mise en scène sensible privilégiant de toujours suivre ses gestes sans pour autant chercher à en donner le sens. Aussi, de manière saisissante, son désarroi s’impose avec force. Et peu à peu, à mesure que son parcours prend place, nous le découvrons.

Le temps d’une journée, Anders foule ses souvenirs à mesure qu’il retrouve la ville ; à mesure qu’il redécouvre sa vie. Mais s’il est singulier, son regard n’est pas pour autant anodin. A travers lui, Oslo devient un réel carrefour de rencontres – rappelant l’ouverture du film – qui esquisse un point de vue sur la réalité de notre société ; un questionnement sur les individualités.

La notion de rencontre prime tout au long du film et se module de séquence en séquence. L’une d’entre elles est proprement majestueuse et revêt un statut singulier : Alors qu’Anders s’étend dans un parc, ses parents sont évoqués par lui en voix-over – la source de celle-ci serait-elle Anders s’exprimant lors des ateliers d’expression du centre de désintoxication ?– et le ton que trouve Joachim Trier est alors sublime : les mots s’imposent face aux gestes qui, dans leur banalité, apparaissent communs si bien que le désarroi du protagoniste est exacerbé sans le moindre pathos. Son trouble est perceptible et devient nôtre.

OSLO, AUGUST 31st est un film émouvant et poétique à la fois. Le réalisateur trouve une juste distance pour capter les émotions sans jamais chercher à les souligner : il parvient grâce à une judicieuse économie à révéler les sensations qui animent, habitent, Anders et les autres protagonistes. Et si l’approche est intelligente, le casting est prodigieux à l’instar de Anders Daniel Lie qui donne vie à Anders qui est admirable.

OSLO, AUGUST 31st
♥♥(♥)
Réalisation : Joachim TRIER
Norvège – 2011 – 96 min
Distribution : ABC Distribution
Drame

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