Olias Barco vs. Oscar Da Silva : Entrevue

On 26/10/2010 by Nicolas Gilson

Olias Barco et Oscar Da Silva sont deux amis. Ils se sont rencontrés par le biais de Stéphane Malandrin qui co-signe les scénarios des films présentés tous deux au Festival International du Film Francophone de Namur (KILL ME PLEASE et ESTELA). Le premier est également producteur du film du second, ainsi que l’instigateur d’une rencontre essentielle, pour ne pas dire matricielle, qui a été déterminante dans la genèse de ce projet. Rencontre croisée entre deux personnalités hors du commun.

Entrevue téléphonique réalisée avec Géraldine Rutsaert pour le Quotidien du FIFF.

Parlez-nous de votre rencontre ?

Olias Barco : Je travaillais avec Stéphane Malandrin sur le scénario de KILL ME PLEASE. A l’époque, j’avais une femme de ménage qui travaillait chez moi. Elle m’a parlé de sa vie quotidienne, de ses soucis de papiers, de ses ennuis avec la police, avec les patrons qui tentent de l’exploiter. Cette femme qui a un visage extrêmement cinématographique m’a donné l’envie de faire un film sur le sujet. J’en ai alors parlé à Oscar Da Silva qui a semblé très intéressé par cette histoire. Il est brésilien, tout comme cette femme.

Oscar, c’est donc Olias Barco qui vous a influencé pour votre film ?

Oscar Da Silva : Oui, tout à fait, c’est Olias qui m’a inspiré ce sujet fantastique. Je cherchais un sujet qui puisse me ramener à mes racines brésiliennes tout en restant dans un contexte belge. Quand Olias m’a parlé de cette femme, de sa vivacité, de son intelligence et de sa beauté, j’ai tout de suite eu envie de la rencontrer. J’ai eu le désir de la filmer.

Olias, vous êtes également intervenu dans l’écriture de ESTELA ?

O.B. : Plus au niveau de la production que de l’écriture. J’avais l’impression qu’Estela était suffisamment forte, en tout cas vivante, pour pouvoir être la base de l’écriture, et que c’était à elle d’écrire son propre rôle puisqu’Estela ne joue pas, elle est, tout simplement. Et je me suis dit que c’était peut-être une nouvelle forme cinématographique à exploiter : non pas du documentaire, non pas de la fiction documentaire mais plutôt une fiction avec un personnage réaiste. On a donc choisi cette femme comme charnière de l’histoire, on l’a placée dans un décor particulier, le skate-park et on lui a fait rencontrer un homme.

Vous avez travaillé avec Stéphane Malandrin, pourriez-vous le décrire ?

O.B. et O.D.S. : Un vrai ami qui vous veut du bien.

O.B. : C’est lui qui m’a fait venir à Bruxelles. J’étais en dépression à Paris, après mon film SNOWBOADER et Stéphane Malandrin m’a permis de remonter à la surface. Il m’aprésenté La Parti Production et, grâce à cette boîte de production, j’ai pu revenir à ce que je savais faire, aux courts métrages, et en fait, j’ai récupéré ma veine de cinéaste, j’ai retrouvé l’envie de faire des films d’auteur.

O.D.S. : Stéphane Malandrin est celui qui a pu donner à mon film cette veine réaliste, surréaliste et charnelle que je cherchais.

Pour vous deux, la Belgique est un pays de refuge en fait ?

O.B. : J’appelle ce pays la Californie du Nord ! Ce pays a une multitude de décors, très inspirants pour les repérages. Ce pays est un vrai plateau de cinéma à ciel ouvert !

O.D.S. : Tu as tout à fait raison Olias! Moi-même, je suis complètement fasciné par les décors visuels qu’il y a à Bruxelles.

Vos films auraient-ils été possibles dans vos pays respectifs ?

O.B. : A tous les niveaux, c’était impossible, tant du point de vue de la fabrication que des relations. Bouli Lanners, par exemple, a accepté le rôle par amitié pour moi, mais aussi par amitié pour mon producteur (Vincent Tavier). En France, vous ne pouvez pas faire un film comme ça car les agents n’accepteraient pas que des acteurs comme Benoît Poelvoorde jouent presque gratuitement dans un film.

O.D.S. : Oui, je pense. C’est possible de faire des choses au Brésil. Mais je vis à Bruxelles, j’ai un décor qui me plaît, une équipe qui me suit et j’ai Olias qui est un producteur incroyable.

Oscar, vous avez vu KILL ME PLEASE, qu’en pensez-vous ?

O.D.S. : C’est noir, c’est rigolo, c’est sans concession !

Et vous Olias, que pensez-vous de ESTELA ?

O.B. : Je trouve que c’est d’un romantisme qui est rare aujourd’hui. On retrouve à l’écran des sensations que j’ai rarement ressenties.

Considérez-vous avoir fait un film belge ?

O.B. : Oui, d’ailleurs je suis réfugié artistique ici et j’espère être accepté en tant que tel. Je suis très fier d’avoir été accueilli ici et je me sens Belge, en tout cas par le cinéma.

O.D.S. : Moi, je me sens Brésilien. J’aime le soleil, la mer…

Vous êtes heureux que votre film ait été sélectionné au FIFF ?

O.D.S. : Oui, très heureux. Je n’avais pas les moyens de finaliser le film, le FIFF m’a permis de le faire en me proposant une projection en JPEG2000.

O.B. : Je suis très content mais je suis un peu déçu car mon film n’est pas en compétition. Je suis triste car, en compétition, j’aurais gagné le prix.

Trackbacks & Pings

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>