Critique : Oculus

On 03/06/2014 by Nicolas Gilson

Sur base d’un scénario intelligent et d’une réelle maitrise du montage, Mike Flanagan signe avec OCULUS un suspens palpitant.

Après 11 ans passé dans un centre psychiatrique, Tim (Brenton Thwaites) est mis en liberté à sa majorité. Il retrouve sa soeur Kaylie (Karen Gillan) qui, comme le lui rappelle son médecin, n’a pas eu le même encadrement que lui. Elle lui demande de tenir la promesse qu’il lui a faite à savoir combattre l’esprit démoniaque qui a tué leurs parents. Alors que Tim se plie malgré lui à ses jeux, il cherche à mettre en perspective leurs souvenirs. Kaylie, elle, est persuadée que son frère a subi un lavage de cerveau : comment a-t-il pu oublier ce qui leur est arrivé ?

Oculus

En développant et en complexifiant le sujet de son court-métrage OCULUS : CHAPTER 3 – THE MAN WITH THE PLAN, Mike Flanagan livre un film au suspens haletant. Comme le héros de son court, Kaylie veut prouver, enregistrements à l’appui, que le miroir qui trônait dans le bureau de son père est possédé. La mise en place pourrait lancer redouter le pire, toutefois le réalisateur met en place une captivante dynamique qui confronte rationnel et croyance.

Tim, bien que hanté par ses rêves, a appris à les dompter. Kaylie est animée d’un sentiment de vengeance : le miroir sur lequel elle est parvenue à remettre la main est pour elle la cause de la mort de ses parents. Tim se prête à l’expérience de sa soeur à contre-coeur. Il retrouve ainsi, 11 ans plus tard, la maison qui a été le théâtre d’un sombre drame familial lors duquel, âgé de 10 ans, il a abattu son père. S’il cherche à raisonner Kaylie, ses souvenirs entrent peu à peu en dialogues avec ce qu’ils leur arrivent.

oculus - placement de produit

Mike Flanagan construit son scénario avec brio. Alors que l’introduction du film apparaît des plus artificielle et presque paraphrasée, elle sert de mise en bouche des plus efficace. Bientôt, au travers d’un protagoniste sceptique (Tim), le réalisateur déjoue tout raisonnement rationnel (qui pourrait être le nôtre) en le mettant lui-même en place avant de le mettre à mal. Fort d’une expérience de monteur, Mike Flanagan entremêle peu à peu les époques qui, à l’instar des souvenirs, se répondent et finissent par s’épouser.

La réalisation est certes démonstrative mais cela ne la rend que plus efficace. Si les constants renforts musicaux dictent la mesure dès l’ouverture du film, Mike Flanagan excite notre attention au travers de ses choix de cadrage mais aussi et surtout de son acuité au montage : un même geste nous faisant basculer d’une époque à l’autre, de la « réalité » au fantasme. Pris au piège se son thriller psychologique, nous pourrions presque oublier le placement de produit dont l’évidence est pourtant totale : autant dire que c’est efficace.

oculus poster

OCULUS
♥♥(♥)
Réalisation : Mike Flanagan
USA – 2013 – 103 min
Distribution : A-Film
Horreur / Thriller psychologique

Oculus-1

Oculus - Mike Flanagan

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