Nuit #1

On 02/11/2012 by Nicolas Gilson

NUIT #1, le premier long-métrage d’Anne Emond, nous confronte à la rencontre de deux protagonistes qui se donnent l’un à l’autre. Leurs corps et leur désir s’imposent et stigmatisent rapidement notre attention. Clara et Nikolaï baisent dans un élan tout pulsionnel – en gardant conscience de se protéger. La réalisatrice met en scène, avec une distance maîtrisée, un échange de fluides sans détour au sein duquel les deux protagonistes s’épuisent tandis que leurs corps échangent un dialogue du plaisir.

Clara et Nikolaï ne se connaissent pas et partagent, le temps d’une nuit, une totale complicité sexuelle. Mais tandis que Nikolaï dort Clara en est incapable et elle s’enfuit. Nikolaï s’en rend compte et lui demande de rester. S’en suit un dialogue sans fin, parsemé de rebondissements fatigants et peu convaincants voire illogiques. Dommage car cette double mise à nu d’inconnus, à la fois autres et semblables, qui se sont donnés sans retenue l’un à l’autre, transcende de nombreux enjeux à commencer par le concept d’émancipation sexuelle.

Anne Emond offre à ses protagonistes des dialogues qui sonnent faux et qui ont raison de notre attention – à moins que le manque de motivation qui semble les habiter, une lassitude incommensurable, ne nous empêche de tendre une oreille attentive. Clara et Nikolaï parlent comme des livres de manière presque conceptuelle. Le dialogue apparaît dès lors n’être que la confrontation de deux monologues interminables. Et c’est d’autant plus dommage que l’approche esthétique est maîtrisée. L’artificialité engendrée est telle que les prestations pourtant louables de Catherine de Léan et Dimitri Storoge paraissent chorégraphiées et récitatives. La séquence finale, dépourvue de finesse, s’avère pour sa part assommante.

NUIT #1

Réalisation : Anne Emond
Canada – 2011 – 91 min
Distribution : CNC
Comédie Dramatique

Mise en ligne initiale le 01/10/2012

FIFF 2012 : Compétition Emile Cantillon

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