Nous York

On 04/11/2012 by Nicolas Gilson

Dès le pré-génerique le ton est donné tant d’un point de vue scénaristique qu’esthétique : La balourdise générale est-elle prémisse à une pure catastrophe cinématographique ? Oui ! NOUS YORK est une calamité : scénario bancal, réalisation démonstrative quasi théâtrale dépourvue d’originalité, épouvantables séquences tournées en « green key », surjeu, dialogues récitatifs,… Bref, rien ne brille !

Seul le générique d’ouverture amuse et est porteur, après la pénible séquence d’ouverture, de l’espoir de découvrir une comédie certes artificielle mais bien ficelée. Une attente vaine tant elle conduit au désespoir !

Avant que les toits des buildings et l’animation de New-York ne servent à la mise en scène de ce générique, trois comparses s’imposent comme excités à l’idée de partir aux USA afin de rendre visite à leurs amies qui s’y sont installées. Enfants de la cité, eux qui vivent aux portes de Paris (ou le centre du monde c’est selon) s’en vont découvrir « the Big Apple » (encore plus au centre du monde que le centre du monde) avec des t-shirts à l’effigie d’Obama. La famille, et donc toute la cité, est excitée avec pour preuve un florilège des pires clichés du genre afin de donner le ton humoristique sur lequel surfent les réalisateurs. Ceux-ci ressucent-ils les enjeux mis en scène dans TOUT CE QUI BRILLE avec une transposition dans une version « au carré » de la Ville Lumière et du casting principal ? Oui. Pitoyablement.

Les noeuds dramatiques qui prennent place ont sont la preuve. Rapidement, parallèlement à la grotesque découverte de New-York par les trois comparses – ou caricatures –, les deux amies visitées, qui sont pourtant comme-deux-soeurs-car-meilleures-amies-depuis-toujours, révèlent leur secret : elles se sont disputées et ne se parlent plus, l’une vit dans les quartiers chics et l’autre en banlieue (tiens, tiens). Car rêve et réalité ne s’interpénètrent pas. S’il est difficile de vivre à Paris quand on vient de la banlieue, qu’en est-il quand on part vivre à New-York ? Alors que pitch ne laisse présager aucune surprise (amis-pour-la-vie), NOUS YORK en est rempli tant le film part dans tous les sens (cinq protagonistes pour une série de sketchs) sans jamais trouver de rythme. Entre humour balourd et sentimentalisme dérisoire, NOUS YORK est simplement grotesque.

Le scénario est pitoyable et ne laisse jamais place aux sentiments des personnages que dans des scènes encore plus démonstratives que les autres (il faut bien lier les sketchs). Tout se dit et rien ne se ressent, raccourcis en prime (ce qui n’est peut-être pas plus mal tant le film semble long). Parmi les effets employés par Géraldine Nakache et Hervé Mimram pour mettre en scène ce scénario, le recours à la musique… Et notamment la tentative de l’employer comme vecteur de sens ou pour insuffler une dynamique propre. Le duo de réalisateurs tente ainsi de transposer le jeu employé dans TOUT CE QUI BRILLE (avec « Drôle de vie ») mais qui ne fonctionne absolument pas ici : outre un slam improbable entre Géraldine Nakache et Marthe Villalonga, NOUS YORK présente le pathétique essai autour de la chanson « New-York, New-York » de tendre à une choralité – jusque là non développée tant le scénario est mal pensé et apparaît être une addition de sketchs démonstratifs – qui est ridicule (et tue la force et le sens de la chanson). A éviter.

NOUS YORK

Réalisation : Géraldine NAKACHE et Hervé MIMRAM
France – 2012 – 95 min
Distribution : Victory Productions
Comédie dramatique

Comments are closed.