Critique : Nos pires voisins

On 21/07/2014 by Nicolas Gilson

Comédie potache NOS PIRES VOISINS s’adresse tout à la fois à un public adulte et adolescent. Et force est de croire qu’il leur plaira pour des raisons opposées. En marge des caricatures, des artifices et de la surenchère, le film peut être envisagé comme la satire d’une éternelle « adulescence » où l’on peut être grivois mais où moult tabous demeurent.

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« You want to see something amazing ? »

Fraîchement parents, Mad (Seth Rogen) et Kelly (Rose Byrne), voient d’un mauvais oeil l’installation d’une fratrie d’étudiants dans la maison voisine de la leur. Tentant de se montrer « dans le coup », ils établissent non sans balourdise le dialogue. Ils font la promesse de ne pas appeler la police en cas de bruit avant de la briser. Ce qui n’est pas sans conséquence, Teddy (Zac Efron), le Président de la fratrie, décidant alors de leur rendre la vie impossible…

Souvent (et à dessein) grotesque le scénario est efficace malgré quelques flottements (sans doute est-il préférable de ne pas voir la bande-annonce avant de découvrir le film). Il présente l’avantage de se moquer allègrement tant des étudiants que des « jeunes » trentenaires – qui défendent leur « Batman », Michael Keaton versus Christian Bale – en les croquant sans crainte de l’exagération. La surenchère est un réel maître-mot tant dans la caractérisation des protagonistes que dans le développement des situations. La réalisation est bien menée sans révolutionner le moins du monde le septième art – Nicholas Stoller employant une petite bibliothèque d’effets eculés et attendus.

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Au-delà d’intégrer parfaitement au scénario le placement de produits, la réelle prouesse du film est de tourner en dérision plusieurs des acteurs tant les personnages qu’ils incarnent sont des caricatures de leur propre « image ». Ainsi après avoir été exacerbé en tant qu’icône gay dans PAPERBOY, Zac Efron qui semble, comme tant d’autres idoles contemporaines, avoir « été conçu par un gay dans un labo » tant son corps est parfait joue au parfait imbécile. Pour ce qui est de l’esprit, Dave Franco – le petit frère propret de James – est là pour prouver qu’être « spornosexuel » n’est pas forcément une tare. L’un et l’autre étant toujours parfaitement moulés ou laissant leur chemise ouverte de manière on ne peut plus étudiée. Face à cette génération des plus formatée, le personnage de Seth Rogen (qui se sans la moindre crainte dans le rôle d’un gros lourdeur), loin d’être dans la « représentation », est la caricature opposée.

Le film vire-t-il à la pure farce qu’il se moque de bien des interdits dans le cinéma américains commercial à l’instar des MST, de la sexualité libre, de l’usage non condamné de drogues ou du rapport au corps. L’angle de la comédie est-il très permissif que des tabous demeurent malgré tout infranchissables telle l’homosexualité masculine. Si le scénario et la mise en scène semblent s’en affranchir, nombreuses sont les situations qui témoignent du véritable souci que celle-ci pose au point de conduire, platement, au rire.

nos pires voisins - poster

NEIGHBORS
NOS PIRES VOISINS
♥(♥)
Réalisation : Nicholas Stoller
USA – 2014 – 96 min
Distribution : Sony Entertainment
Comédie

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