Critique : Nos Futurs

On 19/07/2015 by Nicolas Gilson

Retrouvant Pio Marmaï, Rémi Bezançon commet un nouvel opus qui n’a de cinématographique que l’étiquette. Enfant pauvre du cinéma français commercial, NOS FUTURS traduit la pauvreté d’une production dont la destination est in fine le petit écran (en témoigne les guests labellisés Canal+). Balourd et ronflant, le mince scénario est mis en scène sans originalité : plus qu’une caricature, une farce !

Yann (Pierre Rochefort), un jeune patron d’entreprise, s’ennuie de son quotidien. Alors que sa femme (Mélanie Bernier) lui organise une soirée d’anniversaire surprise, il se retrouve face à quelques clichés de son passé lorsqu’il était complice de Thomas (Pio Marmaï). Alors qu’il ne l’a plus revu depuis le lycée, il décide de l’appeler. Alors qu’il n’a pas changé de numéro de téléphone, Thomas se révèle incapable d’évoluer et apparaît être un éternel adolescent dont l’énergie contamine peu à peu Yann. Afin de sortir Thomas du sort qui semble s’être abattu sur lui, les comparses d’autrefois décident de contacter leurs anciens camarades et d’organiser une soirée en tout point identique à leurs souvenirs…

nos futurs - rochefort - marmaï

D’entrée de jeu l’impression s’impose d’être face à une fresque artificielle hantée par des protagonistes tous plus caricaturaux les uns que les autres. Pauvre Yann enlisé dans un confort bourgeois dont l’ennui nous est communicatif… Si le protagoniste semble franchement à côté de lui-même, le scénario évite un premier écueil : malgré une sensation de rêve éveillé, Yann, pourtant encore jeune, est bien cet homme qui mène une vie rangée d’actionnaire prêt à prendre sa retraite. Déjà les scènes s’enchainent comme des sketchs dont l’écriture est âprement palpable au point qu’on semble entendre une cymbale ponctuant ou marquant la chute des ressorts comiques (rouillés plus qu’éculés).

Barbant au-delà de son caractère simiesque, le quotidien de Yann (dont la mère a un discours des plus informatif) laisse place à la folie des retrouvailles avec Thomas. Provoquées et aussitôt fuites par le protagoniste qui, néanmoins, s’embarque dans un délire sans réelle logique… Les séquences se succèdent alors, comme autant de clips et de tableaux au style formaté et changeant, lisse et (dé)monstratif, nourris par les performances de personnages secondaires perruqués ou grimés. On est proche de l’esprit de DIKKENEK… à la sauce parigote. Après tout, un bite dessinée sur un front, c’est toujours efficace.

N’ayant rien à défendre, les comédiens semblent au moins s’amuser. La révélation, cauchemardesque pour les amateurs de « réalisme magique », est pitoyable tant elle permet de gommer l’incohérence d’une narration plus crétine qu’absurde. Bref : lamentable.

Nos futursNOS FUTURS

Réalisation : Rémi Bezançon
France – 2015 – 91 min
Distribution : Victory Productions
Comédie (pas drôle)

Bref nos futurs nos-futurs-comédie

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