Movie 43

On 23/03/2013 by Nicolas Gilson

Lourd, très lourd même, d’un goût le plus souvent douteux, MOVIE 43 est méchamment drôle. Addition de sketches dont le liant ne convainc cependant guère, le « film » voyage à travers les genres en misant sur un ton graveleux et un casting aussi surprenant que prestigieux.

Movie 43 - Robin's Big Speed Date

Servant de prétexte à une succession de 12 court-métrages réalisés par 11 réalisateurs (dont une femme, Elizabeth Banks) le film conducteur apparaît rapidement bancal – ou semble être, platement, assumé comme tel. Un ado plutôt crétin décide avec l’aide de son pote de se venger de son petit frère qui vient de lui jouer un tour : afin de pouvoir mettre son plan en action, il invente l’existence d’un film interdit caché sur internet (nommé « movie 43 ») qu’il ne parvient pas à trouver et lui demande de l’aide – à lui qui est un as de l’informatique. Il se laisse prendre au piège et nous découvrons alors, au fil des étapes de ses recherches, les objets filmiques qu’il trouve… Un film catastrophe – à double titre – qui sert de liant à l’ensemble qui semble oublié au générique…

Le premier arrêt donne le ton. THE CATCH réalisé par Peter Farrelly met en scène Kate Winslet et Hugh Jackman dans une romance singulière. Un premier rendez-vous qui vire au cauchemar pour la femme qui découvre que l’homme qui a tout pour plaire possède une paire de couilles au niveau de la pomme d’Adam… que personne ne semble remarquer et qui la trouble énormément. Le réalisateur maîtrise parfaitement les conventions d’une scène romantique auxquelles il additionne une dimension humoristique quelque fois burlesque. Ce faisant, il signe l’une des meilleures séquences du film !

Peter Farrelly réalise également le succulent sketch judicieusement intitulé TRUTH OR DARE mettant en scène Stephen Merchant et une étonnante Halle Berry lors d’un premier rendez-vous*.

Movie 43 - MiddleSchool Date - Elizabeth Banks

Les couples semblent obséder la pléthore de scénaristes ayant travaillé sur le projet puisque nombre de courts les mettent en scène à l’instar de HOMESCHOOLED dirigé par Will Graham où Noémie Watts et Liev Schrieber éduquent leur fils de manière particulière (une sorte de DOGTOOTH made in America), VERONICA/CVS réalisé par Griffin Dunne dans lequel Emma Stone et Kieran Culkin excellent, l’incroyable BEEZEL de James Gunn (avec Josh Duhamel, Elizabeth Banks et un chat animé) ou encore THE PROPOSITION dirigé par Steve Carr dans lequel Anna Faris adresse avec amour à Chris Pratt une délicate question « Will you poop on me ? »

Ayant pour cadre un « Speed Dating » où se rencontrent plusieurs super-héros, le segment réalisé par James Duffy dans lequel apparaît notamment Uma Thurman, ROBIN’S BIG SPEED DATE, est un pur régal. Partant de la candeur d’un couple de jeunes adolescents, Elizabeth Banks met en scène avec brio la réaction à dessein caricaturale d’un groupe de mâles face aux première règles d’une jeune fille : MIDDLESCHOOL DATE (qui présente par ailleurs une scène publicitaire, réalisée par Patrik Forsberg – rien n’est simple -, digne des « Nuls ») est splendide tant il apparaît jubilatoire !

IBABE réalisé par Steve Brill (avec Richard Gere en grande forme) et VICTORY’S GLORY dirigé avec esthétisation par Rusty Cundieff ont pour cadre un contexte réaliste ou, en tout cas, y réfère : le premier met en scène un combat féministe dans une société qui n’en a cure et le second un sketch peu convaincant qui se déroule dans les années 50 raillant le racisme… Brett Ratner se prête également à l’exercice et dirige Gerard Butler, Johnny Knoxville et Sean William Scott dans un HAPPY BIRTHDAY alliant comédie, fantastique et une touche d’action.

C’est sans étonnement que ce pot-pourri gras et licencieux se ponctue – ou presque – par un bêtisier qui présente quelques chutes plus pertinentes que celles retenues… En bonus, après le bonus qui suit ce bonus, le très court MACHINE KIDS réalisé par Jonathan van Tulleken assoit le caractère critique et distancié que revêt l’ensemble du projet à l’égard d’une société américaine pour le moins pudibonde.

Bref, MOVIE 43 n’est pas un chef d’oeuvre mais, si nous y adhérons, un puzzle grivois impayable.

*Un autre épisode intitulé THE PITCH est également signé par le réalisateur mais semble absent de la version européenne…

Movie 43 - Beezel - James Gunn

MOVIE 43
♥/♥♥(♥)
Réalisation : Peter Farrelly, Will Graham, Steve Carr, Griffin Dune, James Duffy, Brett Ratner, Steve Brill, Elizabeth Banks, James Gunn, Rusty Cundieff, Jonathan van Tulleken
USA – 2012 – 93 min
Distribution : Kinepolis Film Distribution
Comédie

Movie 43 - affiche

Movie 43 - Homeschooled

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