Moonrise Kingdom

On 30/05/2012 by Nicolas Gilson

Avec MOONRISE KINGDOM, Wes Anderson témoigne une nouvelle fois de son génie créatif. A la fois fin conteur et magistral metteur en scène, il nous emporte au coeur d’une aventure drôle et humaine. Si son univers est identifiable d’emblée – dès le plan d’ouverture – le réalisateur ne se répète pas : fort de ses acquis, il signe un film, d’une parfaite maîtrise esthétique, ludique et chaleureux qui, au-delà du ton et de l’humour, fait sens.

A la fin de l’été 1965, Sam et Suzy, qui ont conclu un pacte secret, fuguent. Sam est orphelin. Suzy se voit comme la marginale de la famille. Ils sont amoureux et insouciants. Ils ont douze ans. Du chef scout de Sam aux parents de Suzy, en passant par le capitaine de la police locale, tous se mobilisent pour les retrouver…

Le casting est savoureux. Aux côtés de Bill Murray – devenu incontournable chez Wes Anderson – prennent place notamment France McDormand, Edouard Norton, Bruce Willis, Jason Schwartzman, Tilda Swinton et, dans les rôles principaux, Jared Gilman et Kara Hayward. La caractérisation des protagonistes est brillante : tous sont à la fois sensibles et caricaturaux. Chaque rôle, même très maigre, est habilement construit à l’instar de celui du personnage interprété par Tilda Swilton dont le nom est une institution…

Le scénario de MOONRISE KINGDOM permet d’intégrer à la singularité de l’univers de Wes Anderson la logique du conte – par l’intermédiaire d’un narrateur saugrenu – et celle, à la fois grave et insouciante, de l’enfance. L’intérêt premier du film est de s’assumer comme pur objet de création tout en s’ancrant dans un possible commun, une réalité universelle : l’étourderie, l’imprudence, la magie et la légèreté caractéristiques de cette prime période de vie.

Plus qu’être marquée, l’artificialité devient actrice au sein même du film. Wes Anderson nous fait les complices de sa mise en scène. Celle-ci est évolutive tout au long de MOONRISE KINGDOM et atteste d’une maîtrise parfaite tant d’un point de vue technique que d’un point de vue créatif. La photographie, le cadrage et le montage font sens et se complètent. La qualité des décors, des costumes et des accessoires est telle que le plus petit détail est loin d’être anodin. La musique – peut-être trop présente – est elle aussi un élément de jeu au point de ponctuellement devenir actrice ou de servir de contre-point.

MOONRISE KINGDOM est un séduisant divertissement, drôle et farfelu, intelligent et délicatement absurde.


MOONRISE KINGDOM
♥♥♥
Réalisation : Wes ANDERSON
USA – 2012 – 94 min
Distribution : Starway
Comédie

Cannes 2012 – Sélection Officielle en Compétition (Film d’ouverture)

(Mise en ligne initiale le 16/05/2012 à 20h)

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