Miss Machins : Entrevue

On 30/01/2013 by Nicolas Gilson

La seconde édition des Machins, les petits prix du cinéma belge, aura lieu ce vendredi 01/02 à la Tentation. Pour revenir sur la création de l’évènement et sur ses spécificités, nous avons rencontré Miss Machins. Interview.

Miss Machins et un Machin ©Alice Khol

Qui est Miss Machins ? - Miss Machins est la maîtresse de cérémonie des Machins. Et c’est aussi Catherine Detry qui travaille dans le cinéma que ce soit dans la production, sur différents tournages, dans des festivals de films. La sale question ! Les gens savent que Miss Machins, c’est moi.

Pour la première édition, le seul visage dévoilé était celui de Miss Machins. Pourquoi ? - On avait un peu instauré une sorte de mystère pour que les gens ne sachent pas trop qui était derrière l’organisation et essaient de l’imaginer. Après, on n’a pas pu garder l’anonymat bien longtemps. Les gens ont fini par savoir qui était le groupe organisateur des Machins.

Il n’y avait pas une appréhension par rapport à comment la chose allait être prise ? - Aussi. Comme on bosse tous dans le milieu du cinéma, on espère que les gens ont de l’humour et du second degré. Il y a beaucoup de personnes avec qui tu as travaillé ou avec qui tu peux potentiellement travailler. Comme j’étais sur scène, j’étais d’emblée grillée. Finalement, comme on n’est pas les Gérard ni les Razzie, comme ce n’est pas « casser pour casser », il suffit que les gens aient un peu d’humour…

Au juste, c’est quoi les Machins ? - C’est surtout une fête autour du cinéma belge avec en introduction une cérémonie de remise de prix décalée. Dans la foulée de la première cérémonie des Magritte on s’est dit qu’il faudrait faire une soirée pour ceux qui n’y étaient pas invités. Puis l’idée a évolué et on s’est dit qu’il faudrait faire une espèce de « warm-up party », des petits sketches, une fausse cérémonie… Et finalement la cérémonie a duré une heure. Après il y a une fête avec des dj’s.

C’est presque, déjà, la pré-soirée « officielle » des Magritte à en croire vos sponsors pour cette deuxième édition. - On a été surpris. L’année passée on s’est partagé les frais et on a tout payé avec nos petits sous. Comme il fallait changer de lieu et trouver un plus grand espace, on a lancé des demandes de sponsoring et on a été agréablement surpris par toutes les réponses positives. Toutes les associations professionnelles (producteurs, réalisateurs, scénaristes, auteurs), la Fédération Wallonie-Bruxelles, les Régions aussi. On était étonnés de la popularité des Machins et que la profession nous soutienne. Après, la deuxième édition, c’est aussi le moment où tu es « attendu ». Là où la première année les gens ne savaient pas trop ce que c’était.

Quels sont les changements entre la première et la deuxième édition ? Nounours fait paraît-il place à la Ministre Fadila Laanan. – Fadila remettante (rires). Elle sera là. Elle nous a dit qu’elle venait. C’est chouette d’être soutenus aussi par « les officiels ». Ça part d’une blague entre potes du cinéma pour se dire que comme on n’est pas invités aux Magritte, on va se retrouver la veille et faire la fête. L’année passée, on s’est dit qu’on serait 50 et on était 300. Il y a eu un effet d’engouement sur les réseaux sociaux et dans la presse aussi. Du coup cette année on a dû changer de lieu (on est à la Tentation) et sur facebook il y a déjà 450 personnes qui sont inscrites à l’évènement. C’est une sorte de cérémonie complémentaire aux Magritte mais sur un autre ton.

Miss Machins © Alice Khol

Il y a aussi de votre part plus de communication autour de l’évènement. - Oui. La page facebook est bien alimentée, on envoie aussi des communiqués de presse, un mailing… On est surpris car on se rend compte qu’il y a vraiment une attente. Les gens sont impatients de venir !

Ce n’est pas le même public non plus. - Les Machins, c’est aussi pour mettre en avant les métiers qui ne sont pas récompensés dans les cérémonies chic et glamour. Il n’y a pas encore de Magritte pour l’assistant de production ou le régisseur comme on l’avait fait l’an dernier. Ça reste une fête pour le cinéma belge. Il y a plein de gens qui font le doublé Machins-Magritte pour passer un bon petit week-end festif !

Quel est le public des Machins ? – Le public cible c’est « la grande famille du cinéma belge ». L’an dernier c’était tous les gens qui font le cinéma belge. On a envoyé des mails en regroupant tous les contacts qu’on avait. Le public de l’an passé c’était quand même des gens qui bossent dans le milieu. Mais il y avait aussi des gens qui venait juste pour faire la fête. Il y avait Jaco Van Dormael, Frédéric Fonteyne et des producteurs qui nous ont dit que c’était une chouette initiative. Donc cette année on verra s’il y a plus de gens « hors milieu du cinéma ». La majorité ce sont tout de même des gens curieux de voir quelle bonne blague on aura pu inventer pour la cérémonie.

Les catégories peuvent varier d’une année à l’autre. - Complètement. On a tout de même annoncé le retour du « Love Machin » qui revient en force… parce que « l’amour c’est beau ».

L’amour que vous aviez montré l’an denier était tout de même relativement particulier. – Cette année on aborde un nouvel angle de l’amour. Mais je n’en dirai pas plus car évidemment on n’annonce pas les catégories à l’avance sinon ce n’est pas drôle. Certains se demandent comment on fait pour voter et qui sont les nominés…

Pourtant il est annoncé d’emblée que c’est entièrement arbitraire. – Oui, c’est en fonction des idées qu’on a et des blagues que l’on pourrait faire sur les films. Après il n’y en a qu’une dizaine parce que la cérémonie n’est qu’une partie de la soirée. C’est surtout festif. On a aussi fait le choix de remettants en fonction des prix. Mais tout ça c’est une surprise !

Alfred Machin vs. Miss Machins

Le nom des Machins trouve son origine dans celle du cinéma belge. – On cherchait un nom et puis on a retenu celui-là parce que ça combinait l’idée de truc et la filiation à Alfred Machin.

Si Miss Machins devait recommander un film d’Alfred Machin ? - Miss Machins n’est pas cultivée en cinéma d’Alfred Machin.

Après deux années en tant que maîtresse de cérémonie des Magritte, Helena Noguera a été remplacée. Cela engendre-t-il une certaine pression ? - De me dire que l’année prochaine ce ne sera plus moi ? Non. Ça n’a pas été évoqué. Sauf si les autres en parlent dans mon dos ! Quand les Machins commenceront à avoir une renommée, ils se diront peut-être que c’est bien de prendre quelqu’un d’autre d’un peu plus connu et glamour ! Mais je ne crois pas. C’est ça qui fait aussi la cérémonie. Dans les remettants on essaie d’alterner aussi des gens connu et pas connus. C’est ça qui fait le machin.

Qui écrit les textes de Miss Machins ? - On est plusieurs à écrire. Le groupe des organisateurs est composé de six membres mais on est trois à écrire. On propose aux autres qui amènent des remarques et des idées. Ce n’est pas toujours évident d’écrire à six… On essaie de prendre en compte toutes les remarques et toutes les idées. On arrive a quelque chose de bien même si ça va changer jusqu’à la dernière minute. C’est une question de détails : on a les prix mais on a par exemple pensé à un remettant qui ne pourra pas être là, du coup il faut s’adapter.

Sans les dévoiler, de quel type de prix s’agit-il ? - On essaie de faire des prix sur les petits métiers – l’idée est de faire chaque année des prix différents – et en même temps il y a des prix humoristiques. On essaie en tout les cas. Il s’agit de trouver le juste milieu en étant piquant mais pas méchant : « qui aime bien, charrie bien ». Ce n’est pas pour enfoncer les gens ou casser du sucre. Certains nous disent qu’on devrait être plus méchant. L’an dernier on nous a dit, alors que ce n’était pas évident, qu’on avait trouvé un ton juste. On essaie de garder ça. L’idée sur les prix de métier n’est pas de récompenser « le meilleur » mais de mettre en avant la profession. L’an dernier pour le prix de la régie, il y avait deux vrais régisseurs et un fictif qui a gagné le prix qu’un vrai régisseur est venu chercher au nom du faux. On essaie de trouver une petite entourloupe…

Qui habille Miss Machins à l’incontournable la fourrure ? - La fameuse fourrure ! On l’avait utilisée l’an dernier pour faire « star » et ça devient l’accessoire indissociable de Miss Machins, donc on a joué là-dessus dans la communication notamment avec la photo d’Alfred Machin. On avait fait le teaser de l’an dernier avec et lorsque je suis arrivée sur scène j’ai balancé le manteau. Du coup il sera encore là cette année.

Il renvoie aussi au côté « blague » de l’évènement puisque votre communication précise un « dress code » jeans et baskets. - L’année passée j’étais en jeans et en baskets sous le manteau. On ne dit pas qu’on ne peut pas avoir de manteau.

Les smokings se font refouler à l’entrée ? – On verra avec les sorteurs quelles consignes on va leur donner.

Qu’est-ce que Miss Machins pense des Magritte ? - Miss Machins et les Machins ne sont pas anti-Magritte, au contraire, on est complémentaire. D’ailleurs quand Miss Machins a discuté avec l’un des organisateur des Magritte, il était content que les Machins existent car cela signifiait qu’ils avaient droit,eux aussi, à leur cérémonie décalée. Il disait qu’il n’aura fallu qu’une année d’existence aux Magritte pour que les Machins existent déjà. C’est bien qu’il y ait une cérémonie « chic et glamour » en Belgique.

Les Machins étaient à Cannes. – On a fait des actions à Cannes et au FIFF de Namur. L’idée étant d’essayer de faire porter des badges à des gens du cinéma un peu connus. On a déjà une petite collection de photos. En décembre on était au Be Film Festival aussi.

Où le trophée en a fait languir certains. – On s’était dit qu’on allait prendre « le machin » en photo parmi les festivaliers et en discutant avec François Pirot des Machins il a demandé à quoi ça ressemblait. Et là, je sors de mon sac un machin. Il l’a pris en main et j’ai fait une photo. Maintenant est-elle ou non prémonitoire…

D’où vient l’idée de la moule ? - On cherchait pour le trophée un emblème de « petits prix » qui représente une certaine belgitude. On est venu à la moule assez vite. On a demandé à Agenor de Vifargent– le frère d’un des organisateurs – de nous construire un trophée. Quand on a vu le prototype, on a tous halluciné : on n’avait pas imaginé que ce serait aussi beau !

C’est une vraie moule ? - C’est une moule, vissée sur un socle en bois, peint en noir. Ce sont des vraies moules, qu’on achète et qu’on lave. On utilise une peinture spéciale et le Machin ne sent pas la moule !

01/02/2013 – 21h – La Tentation (Bruxelles) – entrée gratuite

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