Miele

On 22/10/2013 by Nicolas Gilson

Avec son premier long-métrage, Valeria Golino s’attaque sous un angle singulier au sujet de l’euthanasie. En adaptant le roman « A nome tuo » de Mauro Covacich, elle esquisse le portrait d’une jeune femme, Irène, dont le travail consiste à assurer illégalement la mort de personnes incurables. Malgré la superficialité et l’artificialité de l’approche, le film s’avère aussi séduisant que percutant.

Miele - Valeria Golino

Irène, qui pour ses « collègues » et ses « clients » se prénomme Miele, a plusieurs visages. Pour son entourage et sa famille, cet ange de la mort est étudiante. En mentant aux autres, elle se ment aussi et surtout à elle-même. Lorsqu’un client se joue d’elle en faisant appel à ses services alors qu’il n’est pas malade, Irène, troublée par chaque décès, refuse d’être la complice d’un suicide. Elle est déterminée à l’empêcher de commettre l’irréparable. A travers la découverte du personnage et de sa réalité, le scénario permet d’envisager sous un axe original la question de l’euthanasie en Italie – et de conduire la réflexion bien au-delà.

La ligne narrative est tout à la fois pertinente et formelle. Il s’agit de permettre au spectateur de partager les questionnements qui bouleversent le personnage et d’en être les témoins. L’écriture se veut duale, à la fois au plus proche d’Irène et démonstrative voire artificielle. Si de nombreux enjeux sont dessinés sans être développés, le scénario présente également des ellipses proprement frustrantes pour le spectateur. In fine, le portrait mis en place se veut être une esquisse dont les traits sont tantôt d’une rare sensibilité, tantôt d’une épaisseur graveleuse.

Cette dualité se retrouve en tout point dans la mise en scène. Valeria Golino parvient à révéler l’émotivité de sa protagoniste de manière presque organique sans éviter les écueils de moult effets démonstratifs (jeu sur les focales, ralentis, etc.) certes – et c’est heureux – employés à dessein. Le contraste trahit l’artificialité de l’approche qui fait toutefois sens, notamment la distanciation ponctuellement marquée pour que le spectateur devienne témoin de l’effervescence d’Irène.

Si le film manque au final de personnalité, Valerio Golino atteste d’une rare acuité dans la direction des acteurs. A l’instar de Jasmine Trinca qui interprète Irène, l’ensemble du casting est brillant.

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MIELE
♥(♥)
Réalisation : Valeria GOLINO
France / Italie – 2013 – 96 min
Distribution : Alpha Films
Drame

Cannes 2013 – Un Certain Regard
Brussels Film Festival 2013

miele affiche

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