Micmacs à Tire-Larigot

On 27/10/2009 by Nicolas Gilson

Depuis AMELIE POULAIN, rien ne ressemble plus à un film de Jean-Pierre Jeunet qu’un film de Jean-Pierre Jeunet, tant le réalisateur surfe sur une vague répétitive : Une musique atmosphérique enrobante ne laissant aucun répit au spectateur, un photographie privilégiant le caractère chaleureux de la palette jaunâtre, une artificialité appuyée, des effets de travelling incessants, une mise en scène axée sur le surjeu souligné par des effets de travelling avant et de gros plans … avec comme principal reproche le caractère foncièrement creux des récits. MICMACS A TIRE-LARIGOT ou AMELIE POULAIN VERSION 3.0 n’échappe pas à ce traitement attendu, mais en voulant y insuffler un pamphlet moralisateur – ils sont méchants les fabricants d’armement – Jeunet semble vouloir dépasser le vide «cucul la praline», devenu son fer de lance, sans y parvenir.

Que l’amateur soir rassuré, les bons sentiments sont au rendez-vous ! Exit Audrey Tautou, bonjour Danny Boon … mais la candeur, la naïveté et l’éveil amoureux sont bel et bien présents. Les ingrédients indispensables de la sauce «poulain» imprègnent proprement la trame narrative. L’imagination fait place ponctuellement à la visualisation du désordre mental du protagoniste … voilà enfin une nouveauté ! – Non ? ah bon … Quoiqu’il s’agisse là d’un énième effet démonstratif : «oh, que c’est drôle et original !

Si le seul réel intérêt du film se trouve dans le casting, triste est de constater le surjeu absolu qui domine la mise en scène. Certes tout est artificiel, alors autant ne pas donner dans la demi mesure … Et les effets spéciaux ne sont pas en reste. Jeunet veut nous en mettre plein la vue, et cela se voit. Dommage.

Toutefois un amour certain du cinéma transparaît ; la séquence d’ouverture du film présente un extrait de THE BIG SLEEP, avec Humphrey Bogart, qui devient un contrepoint magique à la situation qui prend place. Le générique d’ouverture du film se présente «à l’ancienne» et apparaît être un savoureux pastiche des classiques du cinéma d’avant-guerre … Mais ça s’arrête là. Tristement. Une oeillade du côté de Tex Avery, un hommage à Chaplin … avant de s’enliser dans un cafouillis qui ne décolle pas – ou une comédie où nous ne rions guerre, c’est selon.

MICMACS A TIRE-LARIGOT

*

Réalisation : Jean-Pierre Jeunet

France – 2008 – 104 min

Distribution : Cinéart

Comédie

EA

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