Critique : Michael Kohlhaas

On 14/08/2013 by Nicolas Gilson

Animé par l’esprit de justice, Michael Kohlahaas (Mads Mikkelsen), un marchand de chevaux victime des exactions d’un seigneur, lève une armée afin de rétablir son droit. Ce faisant il met le pays à feu et à sang. Et bien que la vengeance nourrisse son dessein, elle n’en est pas maîtresse : en agissant pour et dans le respect de son droit, Michael Kohlhaas se veut éclaireur. L’homme est digne et cherche à défendre les principes pères d’une société « morale » toutefois encore régie par l’asservissement – une réalité qui fait tout de même ses affaires.

michael-kohlhaas

« -Vous allez faire l’amour ? »

Adaptation d’une nouvelle de Heinrich Van Kleist, MICHAEL KOHLHAAS prend place dans les Cévennes du XVI ème siècle. Transposant le récit inspiré de l’histoire vraie d’un marchant allemand sur le territoire français, Arnaud Des Pallières en redessine aussi les contours en optant pour s’émanciper de la dimension fantastique originelle. Le cinéaste opte ainsi pour se concentrer sur le réalisme narratif et sur la dimension individuelle. Le titre du film n’en indique-t-il d’ailleurs pas le sujet ?

Le scénario met ainsi en scène le destin d’un homme néanmoins appréhendé sous l’esquisse d’une pluralité de points de vue afin de nous rendre les témoins de ses aventures. Le réalisateur tend au pur romanesque et semble se laisser guider par de grands mouvements trop souvent peu intelligibles. Aussi nous perd-il alors en cours de route. Néanmoins les intentions, d’une lisibilité plus qu’appuyée, sont bien palpables. À l’instar de son principal protagoniste, le film s’impose comme moralisateur.

L’approche esthétique du film est tout à la fois son intérêt et son handicap : ainsi la photographie est tantôt sensible, tantôt sensationnelle alors que le montage se veut à la fois trop classique et effroyablement biscornu. Si la lumière fait sens, les visages transcendent les expressions et la nature se dessine comme un réel protagoniste, la géographie de l’espace est nulle et l’orchestration musicale et sonore est franchement lamentable. Aussi faut-il ne pas être allergique à un son pour le moins artificiel ou à une musique enrobante et proprement pénible afin d’apprécier le soin accordé à la mise en scène. Sans quoi celle-ci se révèle appuyée et paradoxalement académique malgré une fluidité des mouvements de caméra.

L’éclat du jeu de Mads Mikkelsen est tout à la fois terni par une direction d’acteurs proche de la récitation, des dialogues dont chaque virgule se ressent et des changements de langue sans aucune logique qui ont pour conséquence de réduire à néant le postulat de départ consistant à accepter que le protagoniste s’exprime en français.

MICHAEL KOHLHAAS

Réalisation : Arnaud DES PALLIERES
France / Allemagne – 2013 – 122 min
Distribution : Imagine Film
Drame

Cannes 2013 – Compétition Officielle
Brussels Film Festival 2013 – Compétition

Michael kohlhaas - affiche

Michael Kohlhaas - Arnaud des Pallières

One Response to “Critique : Michael Kohlhaas”

  • Bonjour, malgré tes réticences, je compte aller voir ce film pour ce qu’il raconte et pour Mads Mikkelsen. Bonne journée.

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