Metro Manila

On 28/08/2013 by Nicolas Gilson

Lorsque l’argent des récoltes ne lui permet pas d’assurer la survie de sa famille, Oscar décide de quitter avec sa femme et ses enfants les montagnes du nord de la Philippine afin de se rendre à Metro Manila. Proies faciles, ils pensent trouver facilement un logement et du boulot mais se retrouvent bien vite dans un bidonville. Toutefois, le tempérament d’Oscar lui permet de trouver un poste de transporteur de fond. Mais la naïveté est source de bien des surprises…

Metro-Manila-Sean-Ellis

« -Prends le fric ou mange le riz toi-même ! »

Afin de mettre en scène son petit drame social, Sean Ellis compose un scénario où se succèdent et s’additionnent moult clichés. Au départ de la photographie pathétique d’une situation réaliste, il bascule vers un thriller d’une rare balourdise. Tente-t-il d’être original qu’il fait preuve du contraire.

La première partie du film flirte avec le documentaire : plus que faire le portrait d’une famille, Sean Ellis semble alors faire celui d’une situation qui contraint bien des paysans à quitter les campagnes pour la ville fantasmée. Or si les gestes importent, leur mise en scène est telle qu’elle paraît singée et trop caricaturale : en somme l’écriture se ressent amèrement. La fatalité s’inscrit alors sans surprise et le choix opéré de nous mettre à distance du ressenti des protagonistes – en faisant de nous des témoins qui en savent plus qu’eux sur leur situation – est probablement assassin.

Un premier basculement s’opère alors mettant en parallèle le quotidien d’Oscar et celui de sa femme, comme si leur réalité était double… Au sein de chacun de ces axes, Sean Ellis complexifie son écriture de basculement en rebondissement en ôtant peu à peu le seul moteur qui anime les protagonistes : leur espoir. Les clichés pleuvent alors tant en ce qui concernent l’évolution narrative que la mise en scène de celle-ci. Le scénario devient inexorablement artificiel, l’écriture palpable et les « trucs » identifiables. Plus encore, comment ne pas être perplexe face à la complexification générale (twists, évocations) qui vire au ridicule ?

La réalisation suit les mêmes modulations : tantôt au plus près des gestes et hyper réaliste, tantôt franchement appuyée et artificielle, elle assoit le désir d’originalité de Sean Ellis tout en attestant de son incapacité à y parvenir. En mélangeant les genres, les approches et les intentions le réalisateur s’égare et nous agace. Si son propos semble louable, Sean Ellis témoigne – bien au-delà du constant enrobage musical – d’une tendance à tout souligner au point de nous donner l’envie de lui donner une paire de claques. Un peu de finesse, que diable !

metro manila affiche

METRO MANILA

Réalisation : Sean ELLIS
Royaume-Uni – 2013 – 115 min
Distribution : A-Film
Drame

metro manila

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