Mary & Max

On 12/02/2010 by Nicolas Gilson

Adam Elliot signe un premier long-métrage délicat mettant en scène une histoire vraie empreinte d’une réelle poésie : le récit d’une rencontre improbable et hasardeuse entre une fillette de huit ans habitant Melbourne et vieil autiste New-Yorkais. Une rencontre au-delà du temps, des âges et des frontières rythmée de sarcasme, de rire et de larmes.

Le réalisateur met en place une dynamique singulière au sein de laquelle les objets et les gestes sont vecteurs de sens. Il insuffle une formidable dimension réaliste au film dont l’artificialité est pourtant évidente puisque constituante. L’anodin permet d’atteindre une pleine ritualité définissant avec justesse l’essence même des principaux protagonistes ; Mary et Max.

A cette description gestuelle et objectuelle répond la mise en place d’un langage cinématographique spécifique. Adam Elliot crée deux univers visuels dont la principale caractéristique repose sur la coloration de l’un – celui de Mary – contrastant avec l’absence de couleur du second – celui de Max. Une prime spécificité esthétique qui ne cesse d’être développée à la fois dans la caractérisation des protagonistes et dans la mise en scène de leurs gestes, de leur récit et de leur imaginaire. Deux mondes coexistent pleinement … et à mesure que les protagonistes se découvrent leurs univers s’interpénètrent. Paradigme s’il en est, Mary colore – au sens propre et au figuré – la sphère de Max.

En entremêlant la réalité relative et l’imagination des protagonistes, Adam Elliot exprime une poésie douce et amère. L’ironie est plus qu’évidente mais elle s’impose comme le gage joyeux de la sensibilité de l’ensemble. Toutefois les systématismes narratifs se veulent éreintant, à l’instar du recours incessant aux voix-over des protagonistes qui font lecture de leur correspondance, ce qui engendre une lourdeur certaine, mais sans doute inévitable.

MARY & MAX

**

Réalisation : Adam ELLIOT

Australie – 2008 – 92 min

Distribution : KFD

Animation / Drame

EA

Trackbacks & Pings

  • Bob et Bobette in het Dorp | Cinem(m)a :

    [...] que les films en compétition concourrent, que les rétrospectives passent en revue et que MARY & MAX saluent déjà le [...]

  • Mary & Max & Anima | Cinem(m)a :

    [...] MARY & MAX, film séduisant au demeurant, embrasse la pluralité de l’intérêt même de la programmation d’ANIMA. Elliot signe un passage réussi du court au long en abordant un sujet complexe et sensible, liant réalisme et imaginaire. A l’instar du festival, il convie le spectateur à un voyage au-delà du temps, des âges et des frontières. [...]

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