Mariage à Mendoza

On 26/01/2013 by Nicolas Gilson

Avec son premier long-métrage, Edouard Deluc nous embarque en Argentine et termine le voyage initié avec son court ¿DONDE ESTA KIM BASSINGER ? Il réalise un road-movie farfelu et humain où deux frères n’ont d’autre choix que de s’ouvrir l’un à l’autre. Ce faisant il offre à Philippe Rebbot un premier rôle sur-mesure dans lequel il excelle.

Le ton s’impose d’emblée : le film s’ouvre sur une touche d’humour où l’on découvre les deux protagonistes qui arrivent à Buenos Aires, tandis que l’un met en place les bases même de la narration (grâce à un monologue téléphonique), l’autre, en arrière-plan, esquisse déjà les complications à présager.

L’étrange fratrie toute en contrastes, unissant Philippe Rebbot et Nicolas Duvauchelle, s’impose comme l’élément-clé et moteur du film. Le beau-gosse (Duvauchelle) est dévasté, ou plutôt anéanti, parce qu’il vient de se faire larguer à la veille du mariage de son cousin – la raison du voyage – et le grand dadet qu’incarne Philippe Rebbot prends dès lors les choses en main. Mais à l’instar de son espagnol, tout cela est quelque peu approximatif. Une douce gaucherie et un caractère burlesque intrinsèque à l’acteur le rendent diablement drôle mais aussi touchant tant il se révèle fragile.

Si ligne narrative tient de l’évidence – deux frères qui se retrouvent presque isolés peuvent-ils faire autrement que se révéler l’un à l’autre, s’engueuler, se détester peut-être, pour mieux se retrouver – Edouard Deluc part dans quelques délires jubilatoires – évidemment la séquence, pour certains référentielle, au court-métrage est proprement jouissive. Sans doute faut-il cependant partager le délire des protagonistes ou/et du réalisateur, pour ne pas rester ponctuellement sur le bord de la route. L’humour est le fer de lance du film où la pleine mise à nu des protagonistes peut toutefois se révéler troublante – faut-il le dire, encore, admirable Philippe Rebbot.

La réalisation repose sur un bonne mécanique sans être ni particulièrement ambitieuse, ni singulière. Alors que quelques séquences semblent construites (pensées) avec soin, l’ensemble repose plutôt une réelle légèreté qui transcende une impression de sincérité. Dès lors la musique pour peu enrobante fait simplement corps avec l’esprit général. MARIAGE A MENDOZA se révèle à la fois drôle, tendre et chaleureux.

MARIAGE A MENDOZA
♥(♥)
Réalisation : Edouard DELUC
France / Argentine / Belgique – 2012 – 94 min
Distribution : O’Brother
Comédie (dramatique)

FIFF 2012 – Film de clôture

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