Critique : Marguerite & Julien

On 19/05/2015 by Nicolas Gilson

Etonnant, déroutant mais aussi effarant, MARGUERITE & JULIEN de Valérie Donzelli provoque un sentiment d’embarras total non à cause de son sujet – une relation incestueuse – mais en raison de la complète balourdise de l’approche. Se rêve-t-elle post-moderniste que la réalisatrice se révèle ridicule. Sinistre et risible, son adaptation du scénario de Jean Gruault fait mal aux yeux et au coeur.

Julien, je t’aimerai toujours

Marguerite et Julien de Ravalet sont frère et soeur, depuis l’enfance ils vivent une relation fusionnelle et amoureuse qui se meut en passion…

Marguerite et Julien - Anais Demoustier

Quelques flashs annonciateurs précèdent une mise en place nous plongeant au coeur de la narration. Dans un hypothétique pensionnat, à l’heure de dormir, la confusion règne. Marguerite et Julien seraient en ville. Leur histoire prend place, soufflée par la surveillante du dortoir propulsée bonimenteuse.

La ligne se veut chronologique, épousant la logique du conte et illustrant le flot des mots qui orchestrent les aventures de deux enfants bientôt séparés qui se retrouvent adultes et rêvent de liberté. L’histoire s’émancipe du temps malgré la caractérisation sociétale du 17 ème siècle. Une inventivité qui désarçonne tant elle se veut absconse et laisse incrédule. Dans un univers sans commune logique, s’additionnent comme pitoyables des idées farfelues qui ne cessent de tomber à plat tant la mise en scène manque de volume et le montage semble répondre à la volonté d’illustrer le discours premier. L’anachronisme pour l’anachronisme…

Marguerite & Julien

L’élan romanesque censé dessiner le feu ardent de la passion est dépourvu de toute intensité. Les jeux de l’amour auxquels se prêtent Marguerite et Julien font sourire ou agacent sans que jamais ils ne les consument. Un constat fâcheux voir détestable qui rend caduque l’entièreté de l’approche. Le jeu est désincarné, à ce point distancié qu’il laisse interdit – Géraldine Chaplin semble même en rire et nous lancer un regard complice qui nous rassure et nous angoisse tout autant. Enlaidissant Anaïs Demoustier, Valérie Donzelli se montre incapable de la diriger ou semble chercher à assassiner un talent jusqu’alors éblouissant.

Des effets d’iris au freezing, des costumes bobo-théâtraux à l’enrobage musical tout fatigue, épuise, meurtrit. A mesure que le film se développe, nous nous enfonçons dans notre siège avec l’envie de disparaître ou de nous enfuir redoutant la prochaine idée de mise en scène complétant un tableau qui n’a rien de fulgurant. En un mot : pitoyable.

affiche Marguerite et JulienMARGUERITE & JULIEN

Réalisation : Valérie Donzelli
France – 2015 – 105 min
Distribution : Cinéart
Comédie romantico-dramatique

Cannes 2015 – Sélection Officielle – Compétition

Cannes 2015 signature 2

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