Marbie Star de Couillu les 2 Eglises

On 10/04/2014 by Nicolas Gilson

Projet atypique, MARBIE STAR DE COUILLU LES 2 EGLISES n’en est pas moins pathétique. La volonté de la réalisatrice de faire un film carolo hors des sentiers battus de la production traditionnelle est-elle louable que le résultat, loin d’amuser, s’avère désespérant. Pitoyable amateurisme au sein duquel aucun élément n’en sauve un autre – à part les raccords maquillage.

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« - Tu as la beauté intérieure.
– Mais alors y a personne qui l’voit. »

Marbie (Dominique Smeets), la cinquantaine assise – ou la quarantaine avouée, c’est selon – vit toujours chez parrain et marraine (Claudine Mahy aka Mémé Loubard). Incapable de garder le moindre travail, la femme, qui se rêve starlette mais fait rire les badauds locaux, se fait courtiser par un infirmier au grand coeur. Son chemin croise bientôt celui du boucher du village qui lui promet monts et merveilles, et, pour elle, devient producteur.

La séquence d’ouverture du film esquisse une prime tonalité et atteste déjà de l’artificialité bientôt générale. Dans une chambre d’enfants caricaturale, Marbie présente à son courtisant la poupée Barbie reçue à ses trois ans et celle de Ken un an plus tard. Les deux objets sont nus et comme le confie la femme qui paraît franchement attardée : elle faisait Barbie et son père était Ken. Bienvenue à Charleroi !

Avant de développer plus avant notre critique, peut-être est-il ici pertinent d’évoquer le désir de la part des producteurs et de Dominique Smeets de rendre sa dignité à la région caralorégienne.. « De la genèse au défi », leur projet consiste à offrir un autre point de vue sur la région que celui des frères Dardenne (!) ou de Manu Bonmariage dans ALLO POLICE (1987). Il veulent prouver que Charleroi est bien autre chose que la ville « décrit(e) par les médias et imaginé(e) par les cinéastes belges et étrangers ». S’il nous faut admettre de l’engagement citoyen qui a permis la réalisation du projet – et se trouve mis en abime dans le film – est louable, l’image véhiculée est malheureusement plus lamentable (au point d’être risible) que pittoresque.

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Brigitte Bardot sur le retour, Marbie est décrite au travers d’une succession de séquences toutes plus monstratives les unes que les autres avant de s’enliser dans une fatigante (més)aventure. La construction du scénario consiste en l’addition de saynètes toutes plus clichées les unes que les autres sans avoir l’intérêt de jouer avec l’âge improbable de la starlette locale (version romantique de Mary L* chantant encore moins bien). Peinant à démarrer, la ligne narrative (bien tortueuse ou, plutôt, épisodique) entremêle l’esquisse de la relation amoureuse de Marbie, ses tentatives de faire carrière et par petites touches le drame qui touche une mère de famille et devient in fine étonnamment central. Bref : un complet imbroglio sans volume ni saveur âprement caricatural et truffé d’illogismes.

Si l’approche esthétique fat écho à la pauvreté du scénario, elle présente a contrario une pleine cohérence : sa nullité. La photographie n’exprime rien ; l’enrobage musical n’a pas même l’intérêt d’être atmosphérique, la mise en scène est d’une rare ringardise (comme l’humour) tandis que Dominique Smeets est inapte à diriger ses acteurs (qui certes n’ont pour texte qu’un ramassis de phrases toutes faites) – ou elle-même. L’affiche n’est donc pas mensongère : MARBIE STAR est bel et bien un film improbable. Incommensurablement improbable.

Marbie star de couillu les 2 Eglises

MARBIE STAR DE COUILLU LES 2 EGLISES

Réalisation : Dominique Smeets
Belgique – 2013 – 96 min
Distribution : Big Bang films
Comédie

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