Critique : Magic in the Moolight

On 01/08/2014 by Nicolas Gilson

De retour en Europe après BLUE JASMINE, Woody Allen exploite une nouvelle région touristique en mettant en scène une comédie romantique – ou romance sarcastique – dans le Sud de la France. Il fait ainsi d’une pierre deux coups, invitant le spectateur à découvrir la côte d’Azur et la Provence dont on ne voit cependant pas grand chose. Sans surprise, dialogues et interprétations s’avèrent truculents tandis que la réalisation s’impose comme superficielle. Divertissant.

Magic in teh moonlight - surjeu

Le coeur a ses raisons que la raison ignore…

Dans les années 1920, Stanley Crawford (Colin First) est un magicien adulé de par le monde connu sous le nom de Wei Ling Soo. Son seul ami, Howard Burkan (Simon McBurney), un magicien qui fait carrière dans l’ombre de la sienne, lui demande de démasquer une séduisante américaine, Sophie Baker (Emma Stone), qui prétend être médium et dupe la Riviera française. Rationnel au point d’en paraître excentrique, Stanley se rend avec assurance sur la Côté d’Azur persuadé de confondre aisément la scélérate.

Gentiment espiègle, Woody Allen compose un scénario alliant comédie et romance lui permettant d’amuser la galerie en raillant avec malice le pragmatisme de son protagoniste principal. La raison, comme chez bien d’autres personnages auparavant mis en scène par le réalisateur, conduit Stanley à se montrer on ne peut plus sarcastique – après tout n’est-il pas sollicité pour en (ab)user. Toutefois à l’instar du rôle confié à Colin First, l’écriture est proprement caricaturale au point d’engendrer une pleine distanciation. Nous sommes dès lors spectateur d’une sympathique illustration et d’autant de performances qu’il y a de comédiens.

emma-stone-magic-in-the-moonlight-contre-jour

L’approche esthétique assoit cette artificialité. Alors que la séquence d’ouverture pose le cadre de la représentation (nous découvrons Wei Ling Soo en plein spectacle), la photographie – notamment la lumière et une certaine séquentialité – accentue ensuite cette impression. Laissant présager une hypothèse de révélation (car le scénario contient quelques rebondissements attendus), les nombreux effets de contre-jour apparaissent motivés. Toutefois quantité d’entre eux empêche une pleine lisibilité au point d’être agaçant. Si l’ensemble est fluide, Woody Allen tend à un classicisme assez commun quelque peu décevant – une fois de plus, sans doute.

Sans être mémorable, MAGIC IN THE MOONLIGHT enchante tout de même grâce à son casting qui surjoue avec habilité. Face à un éclatant Colin Firth, Emma Stone irradie joyeusement l’écran dans son personnage de médium illuminée.

Magic in teh moonlight - affiche - belgique

MAGIC IN THE MOONLIGHT

Réalisation : Woody Allen
USA / France / Royaume-Uni – 2014 – 97 min
Distribution : Paradiso
Comédie / romance

DSCF9550.RAF

magic-in-the-moonlight

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