Machete

On 05/12/2010 by Nicolas Gilson

Après avoir pu en découvrir la bande-annonce dans le film GRIND HOUSE : PLANET TERROR (2007), MACHETE arrive sur les écrans ! Un pitch d’enfer, une exacerbation du film de genre, une kitcherie assumée et un casting improbables en sont les éléments-clés. Attention, c’est du lourd !

D’emblée le ton est donné par la séquence du pré-générique. Machete ne se présente pas en mots mais en images. L’homme n’a peur de rien et manie la lame comme personne au point de trancher plusieurs têtes d’un seul coup. Le jeu frôle le surjeu. La mise en scène est palpable. La dimension musicale est terriblement drôle. Tous les codes du film d’action sont exploités. Le sang coule, le sang gicle. Le prétexte narratif est mince tout en comportant des parenthèses scabreuses délicieusement vulgaires. Si le héros n’a peur de rien, les réalisateurs ne craignent pas le ridicule. Lorsque l’action est suspendue pour cause d’apparition féminine, le spectateur pénètre plus avant dans le second (ou nième) degré. MACHETE c’est du cinéma de divertissement avec un grand C !Le générique est fabuleux. L’amour pour un cinéma oublié, dépassé de série B et Z est évident.

Le rythme et le fil narratif s’essoufflent ponctuellement mais sans doute cela est-il dû au fait que le genre est lui-même limité. Lorsque Rodrigez mettait en scène PLANET TERROR le jeu était plus nourri car il s’agissait d’envisager plusieurs (sous-)genres mais aussi de redonner vie à une époque (qualité de projection, oubli de bobine…). MACHETE tient de la même logique en se concentrant sur l’action. Toutefois, si la masculinité est exacerbée, l’hypothèse féminine n’est pas en reste. Certes la femme est un évident objet de désir, mais elle participe à l’action. Guerrière en mini-short ou cokée qui a une révélation, elle est dotée d’une personnalité. Et lui faire porter des talons aiguilles n’est pas anodin…

Le scénario est mince sans pour autant être creux. La dynamique d’écriture est intelligente : chaque séquence sert de détonateur – dans la même idée, chaque visualisation trouve ensuite sens. Certes la trame narrative ne conduit pas à grande méditation. Cependant une réelle critique du devenir de la société américaine est évidente. Deux personnages, un sénateur raciste et une jeune fille droguée et libertine, interprétés par Robert De Niro et Lindsay Lohan, permettent d’envisager l’état de cette société. Évidemment nous sommes dans la pure fiction, mais l’exagération n’est-elle par garante de dénonciation ?

La galerie de seconds-rôles est prodigieuse ! Tout comme la direction d’acteurs qui est plurielles. A chacun un registre différent, et cela fonctionne admirablement. Robert De Niro – dont la présence au générique est une plus-value qui donne au film crédibilité – est sensationnel. Lindsay Lohan et Steven Seagal détonnent en parodie d’eux-même.

L’approche esthétique est explosive. Le duo de réalisateurs n’a pas peur de l’exagération. Rodriguez et Maniquis se jouent de nos attentes ce qui engendrent tension, dégoût et distraction. Ils s’amusent et cela est communicatif. Du lourd, certes, mais folichon.

MACHETE
♥♥(♥)
Réalisation : Robert RODRIGUEZ et Ethan MANIQUIS
USA – 2010 – 105 min
Distribution : Starway
Action

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