Ma Part Du Gâteau

On 21/03/2011 by Nicolas Gilson

Dunkerque, Londres : deux cités bien éloignées voire opposées et pourtant les décisions prises par les « traders » derrière la froideur de leurs écrans virtuels conditionnent le quotidien des ouvriers et ouvrières du Nord de la France. Une France qui se doit de se révolter, d’agir, de réagir. A l’instar de France justement (Karin Viard), une mère de famille, d’abord dépassée par les événements, qui va faire face avec dignité à la situation. Elle veut travailler à tout prix, s’en sortir, montrer l’exemple à ses filles. Elle pars à Paris, à la capitale, travailler comme femme de ménage pour, surprise, celui qui est responsable du démantèlement de son usine (Gilles Lelouche). Deux univers que tout oppose se rencontrent alors… Mais le cinéma de Klapisch n’est ni celui de Ken Loach, ni celui des frères Dardenne, et MA PART DU GATEAU est tout bonnement indigeste tant le film apparaît être une farce vulgairement engagée. Rien n’est fin ni subtil. Tout est gras, surligné voire artificiel. Du scénario à l’approche esthétique, tout est monstratif. Et le misérabilisme n’est pas loin.

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D’emblée le manque de finesse dans la caractérisation des protagonistes s’impose comme évident. Cédric Klapisch met en scène des archétypes plus que caricaturaux. Gilles Lelouche et Karine Viard auraient pu être crédibles, mais il n’en est rien. Sont-ils trop parisiens ou n’appartiennent-ils que trop peu (ou plus) à la réalité commune. Est-ce la faute à la direction d’acteur ou à la lourdeur des situations développées. MA PART DU GATEAU ressemble à un épisode cinématographique de « La Crise pour les nul » selon une approche manichéenne avec d’une part le méchant trader, symbolisant grossièrement le capitalisme débridé, et de l’autre la gentille ouvrière, symbolisant, plus que le peuple, le pays entier – ne s’appelle-elle pas France pour rien !

Ah ce prénom, évoqué au début de film et scandé à la fin… Car chez Klapisch un élément aussi marqué que celui-là ne semble pas pouvoir faire sens tout seul. Il apparaît nécessaire d’insister lourdement dessus. Pourquoi dès lors ne pas noircir le trait et appeler ses filles Liberté, Fraternité, Egalité, Marianne ou République ?

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En marge de la ligne narrative première – car le réalisateur raconte une histoire plus qu’il ne tend à mettre en place une réalité filmique – les récits parallèles sont nombreux. C’est qu’il faut découvrir les deux protagonistes. Et la platitude avec laquelle ils sont définis est effarante. Si la volonté de faire un film parodique était assumée alors le scénario serait grandiose !

Les bulles narratives additionnées les unes aux autres, à l’instar des nombreux renforts musicaux, mettent en place une logique de « juke-box » monstratif. A chaque situation correspond une musique qui ancre l’état d’esprit. Doit-on y voir une redondance ou un gavage ; le manque ou l’affirmation d’un style ? Épingler le choix de la chanson « Pretty Woman » pour une séance de shopping est assez révélateur de l’originalité du film.

Qu’importe que le son soit de piètre qualité ou que la montage soit abrupte – au regard notamment de quelques fondus enchaînés semblant sauver des séquences ratées. MA PART DU GATEAU porte en un sens bien son nom : Cédric Klapisch est pervenu à mettre en place un nouveau type de cinéma à la française, le cinéma commercial social ou socialisant. Un cinéma qui a des airs de dénonciation, de revendications ou d’engagement, mais qui est se moque de la réalité qu’il prétend mettre en scène tant il est caricatural.

Cédric Klapisch Karin Viard Gilles Lellouche

 

MA PART DU GATEAU

Réalisation : Cédric KLAPISCH
France – 2011 – 109 min
Distribution : Cinéart
Comédie dramatique
EA

Ma part du gateau

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