M & M : Retour sur le week-end du Cinéma belge

On 03/02/2014 by Nicolas Gilson

C’est maintenant une tradition, à l’aube des César et des Oscar, et à la veille de la Berlinale, le cinéma belge est doublement célébré. Les Magritte du cinéma et les Machins (qui les complètent en s’autoproclamant pré-soirée non-officielle) le chantent, le moquent et le félicitent avec lustre, faste et sarcasme. Les bulles du champagne et de la bière se confondent (surtout dans l’estomac et l’esprit de celui qui enchaine les soirées) en rappelant que la diversité de la grande famille du cinéma c’est aussi une pluralité de statuts – dont l’un juridique qui a fait – à juste titre – beaucoup parler de lui.

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Avant de se terminer avec le sacre d’ERNEST ET CELESTINE et sur des déhanchés incertains au sous-sol du Square, c’est à La Tentation que les trublions, les officiels, les petites mains, les personnalités, les parallèles et les riens à voir (mais l’entrée est gratuite) s’étaient donné rendez-vous dès vendredi. Assuré par l’équipe du Brussels Short Film Festival le bar était le point pivot de la soirée mais le photocall et la piste de danse n’avaient pas à le jalouser – ou peut-être auraient-ils du le remercier. Bref, côté festif les Machins ont assuré. Mais l’évènement c’est aussi une cérémonie aux nominations et au palmarès arbitraires qui a l’honneur de certains CV (une nomination aux Machins, c’est top), engendre la joie de nombreux acteurs (au sens très large) du métier et peut irriter certains. « Diantre mon film n’est pas machinale ? », serait la version courtoise de bruits dont on peut avoir vent.

Benjamain Ramon aux Machins @Valérie Houdard

Sur la scène où, dès l’ouverture des portes, trônent fièrement quelques moules dorées à la main posées sur un socle de bois noir s’aventure bientôt « Miss Machin » rejointe par Jean-Jacques Rausin qui se serait rêvé président mais sera ouvreur d’enveloppes. Comme annoncé, six prix seront peu à peu dévoilés au fil d’une présentation rythmée de blagues potaches, timides ou mouillées qui feront sans doute mouches auprès des attentifs et un four auprès des amateurs de Chimay – mais c’est le jeu. Aux Machins de la NVA ou « Ostie Tabernak » succèdent ainsi ceux de la « Star Internationale », du « Producteur Figurant » (emblématique Diana Elbaum dans THE CONGRESS), du « Film de vacances », de « l’habit ne fait pas le moine » et plus rationnellement du « machino » – car les Machins visent aussi à évoquer les métiers oubliés dans les cérémonies officielles. Est-il devenu incontournable, le « love machin » était lui aussi de la partie et célébrait le meilleur accessoire sexuel avec comme objets nommés le talc de UNE HISTOIRE D’AMOUR, l’étui pénien de HORS LES MURS ou encore Zacharie Chasseriaud dans AU NOM DU FILS. Enfin, un Machin « Mashup » était soumis aux votes du public et a permis une signature de contrat entre les producteurs très rock’n'roll d’UNE CHANSON POUR MA MERE et du SAC DE FARINE en vue de la réalisation prochaine d’un projet au titre prometteur : LE SAC DE MA MERE !

Bref, vendredi en marge de cette cérémonie elle-même marginale c’était surtout l’occasion de guindailler. Et quelques 1.200 personnes s’y sont donné à coeur joie.

Les Machins 2014 Aftermovie from Les Machins on Vimeo.

Samedi, le tapis bleu des Magritte du Cinéma recouvrait à nouveau les marches descendant du Mont des Arts au Square. En bas de celui-ci, les caméra est les photographe ; sur le côté les « statutaires » venus défendre leurs droits et rappeler que sans la reconnaissance de la spécificité de leurs métiers respectifs le cinéma et la culture courent au suicide. Un juste combat qui deviendra le leitmotiv de la soirée de l’introduction du Maître de Cérémonie, Fabrizio Rongione, aux discours de nombreux remettants et de presque tous les lauréats.

Ainsi au coeur des célébrations Geluck venu remettre le prix du scénario taclait proprement le Premier Ministre Elio Di Rupo, Didier Reynders, Joelle Milquet, Laurette Onkelinx ou encore Fadila Laanan en leur demandant « de penser à défendre la culture, les artistes, la création, aussi après les élections. » Des personnalités politiques auxquelles se sont adressés directement Catherine Salée, Benjamin d’Aoust et Marie-Hélène Dozo alors montés sur scène pour recevoir leur Magritte. Primée pour son (second) rôle dans LA VIE D’ADELE, Catherine Salée a rappelé que sans statut elle aurait du faire un autre métier.

MAGRITTE DU CINEMA 2014

Au fil des revendications la mise en lumière du cinéma belge a été totale : aux strass et aux paillettes a répondu la réalité des « 99% qui restent dans l’ombre » comme l’a ironisé Lio. La quatrième édition des Magritte, malgré un Palmarès sans grande surprise, est peut-être en ce sens la plus réussie.

L’événement cherchait à rendre « sexy » le cinéma belge auprès du large public et, dans l’exercice du Maître de cérémonie, Fabrizio Rongione n’a pas déçu. Certes face au succès de l’an dernier, les attentes étaient grandes et le rythme a-t-il pu décevoir. Mais les Magritte semblent avoir trouvé le ton juste en adaptant à la sauce mayonnaise le jeu des capsules vidéos, de la mise en scène et de l’incontournable chorégraphie.  Certes à l’humour d’une rare finesse de Thomas Ancora on préfèrera celui hilarant – et le talent – dont fait preuve Laurent Capelluto. Et si l’on peut regretter la balourdise de certains remettants intensifiant le suspens comme de réels bourreaux (ce qui en salle de presse voudra des noms d’oiseaux lancés sèchement par Hugues Dayez), les textes étaient écrits avec soin. Remise de ses émotions de la veille – où les Machins célébraient sa « Légion Etrangère » – la Ministre Fadila Laanana n’a-t-elled’ailleurs pas ris à pleine dents ?

Par contre force est de constater que le partenariat avec Dior semble avoir ses limites : « des bons produits, c’est bien mais des maquilleur-se-s expert-e-s, c’est mieux » pourrait-on ironiser. Est-ce pour mettre en valeur la beauté des actrices nommées que Lio, Léa Drucker et Audrey Fleurot sont apparues fatiguées, vieillies et clownesques ?

Côté coulisses, la presse fut à nouveau divisée entre les studieux élèves vissés devant la cérémonie ou/et courant derrière les lauréats, et les cancres, dont la plupart se sont livré à une guerre vestimentaire, affalés dans les quelques fauteuils et sirotant coupe sur coupe en donnant l’impression que les objectifs étaient braqués sur eux. L’animation était assurée par Hugues Dayez qui n’avait cesse d’aller de son commentaire pour le plaisir de certaines et le déplaisir d’autres perdant alors le fil de la cérémonie.

Celle-ci fit place à la réception où les invités, les primés, les nommés, les sponsors et l’ensemble des membres de l’Académie Delvaux (les votants) étaient conviés. Scénographié pour l’occasion par Didier Vervaeren, le sous-sol du Square était d’une froideur contrastante avec l’objectif de rencontre des festivités. L’espace habituellement ouvert était en effet cloisonné de toute part sous le prétexte d’une mise en scène singeant les studios photo, les plateaux de tournages et autres photocalls. Mais qu’importe : entre la nourriture, les bulles et la musique (notamment Ariel Wizman aux platines) les âmes vagabondaient librement.

Le Palmarès des Machins : Cliquez ICI

Le Palmarès des Magritte : Cliquez ICI

photocall machins

Catherine Salée aux Machins

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Machins © Alice Kholh

Quelques Vedettes + Catherine Salée

photocall machins ©Valérie Houdard

Benjamin d'Aoust © Michel Decoux

2014-02-01-MAgritte-du-cinéma-by-Denis-Danze-149-399x600 © cinevox

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