Interview : Louise Bourgoin

On 25/11/2015 by Nicolas Gilson

Habituée du Festival de Cannes qu’elle a découvert lorsqu’elle participait au Grand Journal, Louise Bourgoin en a découvert l’étiquette lors de la 68 ème édition. Elle s’y rendait afin de défendre JE SUIS UN SOLDAT de Laurent Larivière, sélectionné au Certain Regard, dont elle tient le rôle principal. Nous l’y avions rencontrée.

Comment êtes-vous arrivée sur le projet ? - C’est la première fois qu’on a écrit un film pour moi. Jusqu’ici j’ai remplacé des actrices ou passé des castings pour des rôles ouverts aux essais. J’ai rencontré Laurent (Larivière) au théâtre il y a quelques années. Il me filmait alors que je disais des texte d’Olivia Rosenthal. On s’est revu pour une performance à Beaubourg et en 2013 il m’a demandé un avis de « personne du milieu » sur son script, sans me proposer le rôle, juste pour savoir ce que j’en pensais. Je lui ai dit que celle qui allait jouer ça avait beaucoup de chance, que c’était vraiment magnifique. Il m’a répondu : « ça tombe bien, je l’ai écrit pour toi ».

Qu’est-ce qui vous est apparu magnifique ? - Ça m’a beaucoup touché. Je me suis dit que les conversations qu’on avait pu avoir ensemble avaient forcément laissé quelques traces. Je n’ai pas eu la vie de Sandrine, du tout, mais il y avait quelque chose de moi dans son idée de s’en sortir, sa lucidité et peut-être son courage. La façon dont (Laurent) l’a filmé est un peu comme une sorte de portrait. C’est touchant ce lien que nous avons.

louise bourgoin cannes 2015

Votre personnage se met proprement à nu. Comment avez-vous appréhendé la mise en scène ? - J’essaie au fil des films d’épurer un maximum mon travail. Peut-être que quand on est insécure on a envie au début de faire du mieux qu’on peut ; de montrer qu’on sait faire ; de montrer qu’on a compris aussi. J’ai préféré ensuite m’effacer pour laisser au mieux les personnages apparaitre eux-mêmes. Depuis UN BEAU DIMANCHE de Nicole Garcia, il y a pas mal de choses qui ont changé. J’ai coupé mes cheveux aussi pour acter de ce changement. C’est une idée de ma part qui a beaucoup plu à Laurent. Je me suis rendue compte assez tard que cette longue de cheveux, très longue, était une sorte d’artifice qui brouillait un peu les pistes, qui est très connoté « séductrice » ce qui n’avait rien à faire dans le propos du film.

Vous comptez les laisser repousser ? - Je suis en jachère. Je suis à disposition. Je suis la femme que vous voudrez. Je ne peux pas maintenir cette coupe car si on me demande d’avoir les cheveux longs, il faut que je sois prête… Donc je laisse repousser en friche.

Comment définiriez-vous le Festival de Cannes ? - De l’extérieur, pour tout ce qui gravite autour, comme une sorte de débauche décadente. Il y a quelque chose d’assez vulgaire qui gravite autour d’un cinéma assez exigeant. C’est une confrontation étrange. Mais c’est là que tout se passe. C’est très important. C’est un rendez-vous incontournable.

louise bourgoin je suis un soldat

Vous retrouvez Cannes en Sélection Officielle, qu’est-ce que cela a de différent ? - A titre personnel, c’est un encouragement dans la voie que j’ai choisi. Et puis, c’est un énorme coup de projecteur pour le film de Laurent. 1.800 long-métrages sont envoyés. Ils en sélectionnent une quarantaine. C’est formidable. On ne s’y attendait pas du tout. C’est une belle surprise.

Est-ce plus stressant qu’un autre festival ? - C’est le plus gros festival, les choses sont alors évidemment multipliée. J’étais plus stressée quand j’y travaillais pour Le Grand Journal de Canal+ parce que je devais trouver des textes, des idées, des sketches au pied levé avec des invités qui se désistent au dernier moment. Aujourd’hui je réponds à des interviews, c’est très confortable. Les gens sont bienveillants. Tout se passe bien.

Le Grand Journal vous demandait d’être courageuse. - J’étais un peu inconsciente, pas courageuse. Je ne savais même pas qu’il y avait 2 millions de personnes tous les soirs. Le direct c’est très impressionnant. Il ne pardonne pas grand chose. Il faut réussir à capter l’attention rapidement ; trouver des choses à dire à un politique qu’on a déjà reçu quatre fois en un mois. Il faut aussi se renouveler. C’est un exercice très difficile. Tout me paraît simple depuis que j’ai fait ce travail.

Je suis un soldat, Affiche

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Je suis un soldat - UCR - © Christophe Brachet-Mon Voisin Productions

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