Critique : Lolo

On 27/10/2015 by Nicolas Gilson

S’essayant au registre de la comédie, Julie Delpy tend le baton pour se faire battre. Addition de clichés, de dialogues balours et d’idées tellement risibles qu’elles ne font pas même sourire, LOLO a pour seul mérite de condenser en son titre tout son ridicule. S’offrant le rôle principal de cette mascarade, « la plus américaine des actrices française» démontre en plus à quel point elle peut être mauvaise actrice. Si au moins elle avait quelque talent de réalisatrice… #Fail

Lolo Julie DelpyEn vacances à Biarritz, une parisienne, Violette (Julie Delpy), s’éprend d’un provincial, Jean-René (dany Boon). Elle est directrice artistique dans le milieu de la mode – so trendy –, il est spécialiste IT dans la finance – so boring. Ils n’ont rien en commun si ce n’est de s’aimer éperdument. Ce qui n’est pas au goût du fiston de la quadragénaire, son petit Lolo, prêt à tout pour se débarrasser du prétendant.

Après un générique « so sixties » en animation qui se fond très maladroitement en prise de vue réelle, le film démarre dans la piscine d’un centre thermal où notre héroïne est trois semaines en vacances avec sa meilleure amie Ariane (Karin Viard). Evoquant leurs chattes et leur manque sexuel, les deux femmes font pitié tant la suffisance des dialogues transparait. Mais ce n’est pas tant elles qui s’écoutent parler que la « cinéaste » qui paraît fière de la soupe qu’elle nous sert.

« Y’a pas d’âge pour le poil à gratter »

La pauvreté du découpage en trois plans laisse alors présager le pire… Une première impression qui présage de l’élément le plus grotesque de l’ensemble : la réalisation. Flirtant avec l’artificialité et la pure esthétisation, elle signe un film brouillon franchement affligeant (de la pauvreté du découpage au manque de volume du mixage). A-t-elle voulu faire une blague qu’elle y est parvenue – malgré les cymbales de la surabondance musicale.

Lolo - Danny BoonLa rencontre entre les deux protagonistes est plus hasardeuse qu’elle ne joue d’un curieux hasard. « Ca m’a surprise » dira la parisienne. Nous pas. Et c’est là tout le problème.

La ringardise de l’humour dont témoigne Julie Delpy est telle que nous ne pouvons qu’avoir pitié. Oscillant dans plusieurs directions, elle trouve difficilement, au-delà de la caricature, la tonalité de son approche. C’est ainsi qu’elle enchaine les sketches en singeant le « tout Paris » dont elle semble alors faire diablement partie ou envisage, un temps, la découverte de la capitale française par le cliché qu’elle propose du beauf.

Jamais elle ne se rend compte qu’insuffler une once réalisme à la caractérisation des ses protagonistes nous permettrait de leur porter quelque attention si bien que le résultat pique aux yeux. Nous voudrions rire que nous demeurons interdits.

Si Danny Boon et Karin Viard se prêtent au jeu sans faire mouche, le rôle le plus hasardeux revient à Vincent Lacoste dont la réalisatrice semble a-do-rer le regard malicieux et, au mieux, trois expressions qu’elle lui demande de répeter à l’envi. Hors concours tant elle surjoue, Julie Delpy fait franchement pitié. Veut-elle nous faire rire qu’elle n’y parvient que malgré elle.

LOLO

Réalisation : Julie Delpy
France – 2015 – 99 min
Distribution : Belga Films
Comédie (pas drôle)

Venise 2015 – Venice Days

affiche-LOLO-Julie-Delpy affiche-LOLO-Karin-Viardmise en ligne initiale le 3/09/2015

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