Little Black Spiders

On 31/08/2012 by Nicolas Gilson

Katarina est conduite dans un hôpital particulier. Accueillie par une soeur sans voile, la jeune fille rejoint le grenier du bâtiment par l’escalier de secours. La discrétion semble de mise. Nous sommes en 1978, Katarina est enceinte et se retrouve cachée avec d’autres jeunes filles le temps de sa grossesse. Et selon la politique de la maison, la jeune fille est renommée Katja. Le sujet est fort et interpellant, les enjeux sont poignants et révoltants. Mais Patrice Toye livre un film d’une rare superficialité.

La volonté de montrer le désarroi engendré par la situation à laquelle les jeunes filles doivent faire face est louable et pleine de sens. Celles-ci sont enlisées dans un mécanisme de dépersonnalisation – changement de prénom et d’espace de vie – au sein duquel elles sont flouées puisqu’on décide en leur nom et à leur insu que leur enfant sera adopté.

Si la ligne scénaristique manque d’épure et est parsemées d’illogismes, elle met en place une dynamique monstrative de laquelle semble absence toute sensibilité. LITTLE BLACK SPIDERS nous confronte à une réalité sans jamais parvenir à nous y plonger au point qu’elle en devient artificielle. La primauté du personnage central – dont Patrice Toye tente de nous fondre au pathos par le biais d’une voix-over contant les lignes de son journal et de sa correspondance – est à plusieurs reprises mises à mal à l’instar d’une séquence onirique mettant en scène une autre jeune fille ou de la parenthèse narrative axée sur l’éducatrice qui encadre Katja et les autres adolescentes.

Au manque de finesse de l’écriture – dont les rebondissements, les changements de point de vue et les ellipses sans qu’aucune ritualité ne soit mise en place fatiguent – répond une approche esthétique aux innombrables effets. Alors qu’elle esquisse un élément de caractérisation du personnage de Katja, la musique s’impose comme un pure enrobage. La photographie est admirable mais elle s’inscrit dans une dynamique monstrative proprement pénible. La mise en scène est tellement appuyée qu’elle en devient ponctuellement ridicule – et ce d’autant plus dans la séquence finale.

LITTLE BLACK SPIDERS aborde un sujet riche avec une superficialité et une esthétisation – osons le terme – dévastatrices. Et c’est regrettable.

LITTLE BLACK SPIDERS
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Réalisation : Patrice TOYE
Belgique – 2012 – 94 min
Distribution : Cinéart
Drame

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