L’italien

On 16/06/2010 by Nicolas Gilson

Si sans surprise L’ITALIEN ne présente aucun intérêt esthétique, il est regrettable de constater que le sujet envisagé est gauchement développé. Celui-ci en devient peu clair et le discours soutenu par le réalisateur ne cesse de s’essouffler. Traiter sous l’angle du divertissement et de l’humour les problématiques liées à l’intégration, selon un légèreté démonstrative, est un délicieux défi relevé par Olivier Baroux. Cependant il livre un film en demi-teinte, platement mis en scène, sans relief qui vire à la comédie sociale moralisante.

D’emblée la combinaison Baroux/Kad Merad laisse perplexe : Après SAFARI comment ne pas craindre le pire ? Titre et pitch paraissent inénarrables. Pourtant derrière le personnage de Dino – un français d’origine algérienne se faisant passé pour italien – se cachent un cruel complexe et une désolante réalité. Ayant écarté une approche réaliste en retravaillant sous l’angle de la comédie un scénario original de Nicolas Boukhrief et Eric Besnard, Baroux (avec Stéphane Ben Lahcene) propose un récit proche du ridicule combinant sans réussite humour dépourvu de finesse, sentimentalisme stérile, sermon vindicatif et indigeste critique du racisme latent de la société française – voire occidentale. A vouloir trop étoffer son discours, qui repose pourtant sur un ressort formel, le réalisateur en fait un gavage bien fade. Opter pour la balourdise humoristique avec un sous-texte aurait été plus judicieux. Car la diluer en une épouvantable démonstration qui tend à une impossible exhaustivité fatigue irrémédiablement. Désolante saturation !

La mise en scène, artificielle, est plus que palpable et ne présente aucune originalité. Le jeu ne cesse dès lors de sonner faux. Parallèlement, les choix esthétiques sont caricaturaux. Si la musique est quelque peu porteuse de sens – révélant l’identitaire du protagoniste, évoluant de chansons italiennes à des compositions arabisantes – elle est avant-tout platement atmosphérique, accompagnant le film et soulignant le caractère synthétique et démonstratif de l’ensemble. Si quelques inscriptions textuelles apparaissent de- ci de-là, afin d’expliquer les gestes quotidiens du ramadan, celles-ci fatiguent car elles rendent le film plus encore brouillon. La prime comédie changeant continuellement de visage et s’épuisant sans cesse, n’a dès lors ni goût, ni rythme. Tout est plat, gras, appuyé et grossier. Certes quelques bons mots invitent au rire, mais ils sont rares et dilués dans un impensable capharnaüm.

L’ITALIEN
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Réalisation : Olivier BAROUX
France – 2010 – 102 min
Distribution : Alternative Film
Comédie (dramatique)

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