L’Immortel

On 23/03/2010 by Nicolas Gilson

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L’IMMORTEL ou la démultiplication des effets dépourvus d’intérêt.

La prime partie de l’introduction de L’IMMORTEL met en place les bases de surenchère et de tentative de stylisation vers lesquelles Richard Berry sombre avec une suffisance pathétique. Une surabondance musicale avec une prédilection pour les cordes, cadres serrés sur un visage de vieille femme avant d’enchaîner sur la complicité de la grand-mère et de son petit-fils ; de la mère et de son fils … le tout avec un double effet de ralenti et de mouvement de traveling. La photographie tend au filtre jaune digne de Jean-Pierre Jeunet.

  • Comment ne pas être séduit, emballé, émerveillé ?

La musique classique d’enrobage devient ensuite constitutive de la personnalité du protagoniste principal, mais cela ne conduit pas pour autant au soulagement – Car Jean Reno est loin d’être chanteur d’Opéra. La complicité entre le père et le fils est alors exacerbée selon une logique dépourvue de toute originalité, mais qui permet d’envisager le style à l’américaine vers lequel tend Richard Berry. Tel un gamin jouant au train, l’acteur-réalisateur s’amuse avec les rails de traveling, les grues et autres accessoires dont il aurait été nécessaire de limiter l’usage ! Le must restant le combiné traveling-avant et zoom-arrière auquel Berry ne cesse de recourir – ce qui assure néanmoins le fou-rire des spectateurs incapables de se fondre à la logique esthétique de cette renversante soupe policière. Le réalisateur se propose même de revisiter le traditionnel champs/contre-champs en envisageant un traveling circulaire … qu’il rompt cependant rétablissant la dynamique mise à mal alors dotée d’un effet mal de mer.

Cette esthétique démonstrative et creuse répond à un scénario sans grand intérêt, irrémédiablement stéréotypé qui met en scène tous les clichés de l’univers croisé de la mafia et de la police. Une ligne narrative qui repose sur la surenchère dont certaines séquences sont illogiques. Est-il nécessaire de relever le manichéisme, la suprématie masculine, la fragilité féminine … Les codes du genre ? Si au moins celui-ci prévalait sur un esthétisme vain.

  • Est-il nécessaire de relever les flash-back ?

Les dialogues frôlent le ridicule. Combiné à la mise en scène, cela donne des séquences catastrophiques où Jean Reno semble, paradigmatique exemple, vendre de l’huile d’olive. La direction d’acteur est effarante : l’ensemble du casting est d’une nullité inqualifiable – seul Joey Starr s’en sort sans perdre de plume. Et face à la contribution en tant qu’acteur du réalisateur, il semble impossible de souhaiter le voir se concentrer sur sa prime carrière.

L’IMMORTEL

Réalisation : Richard Berry
France – 2009 – 115 min
Distribution : Belga Films
Thriller / Film policier
ENA

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