Critique : L’homme qu’on aimait trop

On 23/07/2014 by Nicolas Gilson

Après LA FILLE DU RER (2008), André Téchiné s’intéresse à nouveau à un fait-divers en mettant en scène L’HOMME QU’ON AIMAIT TROP. S’appropriant l’affaire « Le Roux », il retrouve Catherine Deneuve à qui il offre le rôle de Renée Le Roux dont les mémoires, signées par son fils, sont ici adaptées. Quelque peu inégal, le film, mené par un superbe casting, présente un complexe triangle relationnel.

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À la fin des années 1970, Agnès Le Roux revient en France après l’échec de son mariage. Quelque peu distante de sa mère Renée qui tient pourtant à l’accueillir chez elle, Agnès cherche à trouver, prouver son indépendance. Pour y parvenir, elle veut vendre ses actions du « Palais de la Méditerranée », le Casino dont sa mère est bientôt directrice. Influencée et amoureuse par Maurice Agnelet, l’homme de confiance de cette dernière, l’évasion à laquelle elle tend conduit à sa disparition…

Bien qu’il ouvre son récit sur l’intervention du personnage de Renée Le Roux au début des années 2000 lorsqu’elle cherche à faire comparaître Maurice Agnelet devant les tribunaux, André Téchiné n’en adopte pas le point de vue. Travaillant pourtant sur une base biographique, le réalisateur s’intéresse aux relations qui se tissent entre les personnages d’Agnès, de Renée et de Maurice. Il met ainsi en scène, avec une réelle fluidité malgré un académisme certain, les enjeux qui se cachent derrière un singulier triangle amoureux où les jeux d’influence voire de domination sont légion.

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Afin de se concentrer sur cette relation, Téchiné se distancie de la réalité en gommant notamment les personnages des frères d’Agnès ou en ramenant des événements ultérieur à la disparition d’Agnès Le Roux sur une même temporalité. Ce faisant, il assimile l’importance d’affaires connexes – notamment les manoeuvres de la mafia – qui participent à la complexité et aux multiples rebondissements de « l’affaire ». Si cette neutralité de point de vue est d’autant plus intéressante qu’elle nous permet de découvrir sans apriori les protagonistes et leur histoire, elle devient toutefois agaçante lorsque, dans la dernière partie du film, le réalisateur met en scène très sommairement le procès d’Agnelet. Un axe qu’il eut été préférable de ne pas aborder faute de le développer.

Demandant un vieillissement de l’ensemble des protagonistes, cette partie est d’ailleurs d’autant plus décevante qu’elle manque de crédibilité. Il faut cependant relever le fait que Catherine Deneuve, qui montre une nouvelle palette de jeu, est, à travers le temps dont elle ne craint aucunement les affres, d’une rare justesse. Tout comme Adèle Haenel qui crève litéralement l’écran.

l'homme qu'on aimait trop - poster

L’HOMME QU’ON AIMAIT TROP

Réalisation : André Téchiné
France – 2014 – 116 min
Distribution : Lumière
Drame

Cannes 2014 – Sélection Officielle – Hors-compétition

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