L’Hiver Dernier

On 14/03/2012 by Nicolas Gilson

Johann est éleveur. Il a repris la ferme de son père où il vit seul. Il subsiste aux besoins de sa sœur, placée en institut, et se bat pour la survie de la coopérative menée autrefois par son père. Sans elle, c’est une conception de la « culture » qui menace de mourir purement et simplement. Mais est-il encore possible de perpétrer un héritage que l’on respecte, de le défendre corps et âme ?

John Shank propose un film au sujet fort et universel. Les notions d’héritage et de tradition se confondent et épousent un mouvement plus vaste, celui de la transmission. L’idéal d’hier a-t-il encore sa place dans la société actuelle où la rentabilité et le profit sont maîtres ? La terre, au sens physique, est ici un élément essentiel. Le protagoniste y est d’autant plus attaché que cet élément le caractérise.

Le film s’ouvre d’ailleurs sur cette fusion. La nature s’impose au spectateur avec déjà une certaine désolation dans le discours qui prend place en voix-over. Les enjeux et les notions de transmission sont clairement établis.

La solitude d’un homme, l’âpreté d’une tâche quotidienne (ritualisée) et la rudesse liée au travail s’imposent. Johann est un personnage taiseux dont l’idéal s’inscrit au fur et à mesure que le scénario se développe. Son combat (car il s’agit bien de cela) ne peut cartes pas laisser indifférent mais il lasse irrémédiablement. Car bien que les enjeux soient forts et révoltants, le ligne narrative est limpide, trop sans doute, au point d’assommer. Et lorsque le scénario tend à se complexifier, il manque alors de radicalité – s’éloignant notamment de la centralité du personnage principal – ce qui rend l’ensemble quelque peu indigeste à mesure que la force première s’épuise – le propos est rapidement intelligible et intégré.

Servi d’un excellent casting (Vincent Rottier est stupéfiant), le film ne parvient pas à emporter dans l’intimité pourtant mise en place. Le ressenti des protagonistes devient démonstratif ; une impression renforcée par l’emploi de la musique qui est l’exacerbation de ce ressenti jamais atteint mais mis en scène. John Shank ancre une froideur intelligente qu’il ne parvient pas à moduler si bien qu’il sombre dans une désolante distanciation.

L’HIVER DERNIER est tristement plombant.

L’HIVER DERNIER

Réalisation : John Shank
France – 2011 – 103 min
Distribution : Cinéart
Drame

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