Critique : Les vacances du Petit Nicolas

On 02/07/2014 by Nicolas Gilson

Après le succès du PETIT NICOLAS, l’annonce de la suite n’a guère surpris. Laurent tirard ayant réussi brillamment l’adaptation de l’oeuvre de Sempé et de Goscinny, l’attente était d’autant plus haute que le film succède à la signature par le réalisateur d’un efficace et délectable épisode d’ASTERIX. Toutefois, LES VANCANCES DU PETIT NICOLAS déçoit amèrement.

les-vacances-du-petit-nicolas

Nous eûmes préféré que cette nouvelle adaptation nous plusse

Cette année Nicolas part en vacances à la mer avec son père, sa mère et sa mémé (oui oui la grand-mère est de la partie). Tandis que le garçon se fait de nouveaux copains, ses parents vivent eux aussi quelques aventures – certaines d’ailleurs en conséquence de l’imagination farfelue de leur bambin.

Au scénario, Laurent Tirard retrouve Grégoire Vigneron (son complice de toujours), tous deux rejoints par Jaco Van Dormael. À nouveau la démarche – louable – du réalisateur n’est pas de transposer l’oeuvre originale mais de s’en approprier l’esprit, flirtant avec l’exubérance à laquelle peut conduire l’enfance. En parallèle, il cultive une certaine nostalgie, mère de bien des fantasmagories, qui donnait au PETIT NICOLAS sa couleur.

les vacances du petit nicolas - valerie lemercier - kad merad

Si l’on peut se réjouir de retrouver une fois de plus des caricatures personnifiées, la dynamique mise en place, en développant les personnages des parents, aboutit à une structure narrative qui de facto n’épouse pleinement le regard de l’enfant. Construit comme une succession de sketches, le film semble répondre à ce point à une logique séquentielle qu’il laisse à penser à un épisode de la série Palace ! – ce qui n’est malgré tout pas le pire des comparatifs.

Le Petit Nicolas s’en va en vacances au coeur d’un univers à dessein artificiel (des décors à la mise en scène souvent frontale) mais en se distanciant de l’unicité du point de vue du héros principal et de son imaginaire, la perception exagérée et surlignée des choses tient du grotesque : dès lors, contrairement eu premier épisode, l’artificialité voulue pour Laurent Tirard ne répond plus du caractère excessif de l’enfance. Aussi l’ensemble paraît simiesque et sans réelle saveur. Et bien que la recette soit la même, l’écriture est palpable tant les gags – successifs – sont appuyés. Une impression d’autant plus désagréable que le film peine à trouver son rythme.

Enrobé musicalement par une orchestration d’Eric Neveux, le film tient toutefois du burlesque rendant clairement hommage à Jacques Tati. Somme toute balourd pour un public adulte et bien confus pour les plus jeunes, le film est ponctués de séquences qui emballeront à coup sûr les enfants – les parents ayant la garantie de pouvoir leur en expliquer quelques autres.

les vacances du petit nicolas - poster belgique

LES VACANCES DU PETIT NICOLAS

Réalisation : Laurent Tirard
France / Belgique – 2014 – 97 min
Distribution : Cinéart
Comédie

Les vancances ud petit nicolas - affiche france

les_vacances_du_petit_nicolas_slider780

les vancances du petit nicolas

Les vancances du petit nicolas - bouli lanners

Les vacances du petit nicolas - nicolas et son papa

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>