Les Tribulations d’une Caissière

On 12/12/2011 by Nicolas Gilson

Libre adaptation des chroniques d’une blogueuse, compilées en un ouvrage qui devint best-seller, LES TRIBULATIONS D’UNE CAISSIERE est un conte sans intérêt d’une rare mièvrerie qui oscille entre une misérable fresque sociale et un encensement déplorable de la ridicule figure du prince charmant.

Pierre Rambaldi signe un film d’une rare pauvreté et s’attèle à y mettre les moyens. Malgré un sujet un or, il compose un récit grotesque auquel un riche casting ne parvient pas à donner le moindre volume. Des tribulations d’Anna Sam, le réalisateur et son scénariste, Michel Siksik, ne gardent que les gros traits qu’ils fondent dans une revisitation du conte tellement pathétique qu’elle en devient risible.

L’héroïne, Solweig, a dû interrompre ses étude de lettres afin de s’occuper de son petit frère car leur père est dans le coma. Érudite, elle trouve dans l’écriture d’un blog l’échappatoire nécessaire à son équilibre quotidien. Malgré une amitié complice avec ses collègues, elle est en proie au désir d’amour, aussi lorsqu’elle croise, sous la neige, un jeune homme descendu de sa Rolls pour l’aider à se relever, c’est le coup de foudre… Mais une caissière peut-elle être aimée d’un prince ?

D’emblée la rencontre entre les chroniques et le conte fait tache. Une tache sombre sur un décor enneigé tant l’écriture ne se joue pas du caractère bouffon de l’approche. Le film s’ouvre sur un générique en animation, frais et joyeux, dont le côté rétro et l’enrobage musical font penser à la série télévisée « Ma Sorcière Bien Aimée ». Toutefois, LES TRIBULATIONS D’UNE CAISSIERE met rapidement en place une logique qui n’a de farfelu que son manque de finesse comme la citation du roman de Zola « Au Bonheur des Dames ». Le ridicule ne tue pas, mais il épuise… à l’instar de l’emploi incessant de la musique d’enrobage.

Le lien avec le blog est évident et se fait de la manière la plus simpliste du monde. Les tribulations de Solweig se récitant en voix-over et s’inscrivant comme une complexification de l’intrigue qui en soit est une simplification inutile (en deux axes principaux : celui où une journaliste enquête sur la blogueuse en s’immergeant en tant que caissière dans le supermarché où travaille Solweig – comme par magie – et celui constitué par la rencontre amoureuse – car il faut bien montrer que, oui, Solweig a droit à l’amour). S’il est désolant de constater que les « chroniques » d’une femme ordinaire ne constituent pas en soi un sujet porteur pour Pierre Rambaldi, l’adaptation qu’il en fait est non seulement déplorable mais plus encore abjecte tant il met en scène des clichés d’une grossièreté assassine, le film sombrant alors radicalement dans le misérabilisme. Qu’importent alors les qualités techniques de ceux qui ont permis au réalisateur de signer un navet à l’artificialité crasse.

LES TRIBULATIONS D’UNE CAISSIERE

Réalisation : Pierre RAMBALDI
France / Belgique – 2011 – 102 min
Distribution : uDream
Comédie romantique

One Response to “Les Tribulations d’une Caissière”

  • Totalement d’accord avec vous. Je viens de me taper le film en dvd… comme je suis un peu maso sur les bords, j’ai regardé ce machin jusqu’ à la fin mais j’avais juste envie de me trancher les veines. Et pourtant, j’apprécie toutes les actrices :-(

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>