Les Rayures du Zébre

On 04/02/2014 by Nicolas Gilson

Le mariage des deux Benoît s’est-il jusqu’à présent montré séduisant que LES RAYURES DU ZEBRE (leur quatrième collaboration) laisse déconfits. En abordant un sujet de société complexe sous l’angle de la tragicomédie, Benoît Mariage livre un « drame comique » dont la superficialité agace.

LesRayuresDuZebre

« Il n’y a rien de plus con qu’un blanc qui se prend pour un noir »

José (Benoît Poelvoorde) repère depuis des années des jeunes prodiges du football africains. Alors qu’il essuie un passage à vide depuis quelque temps – bien qu’il ne le reconnaisse pas – il est séduit par le jeu de Yaya (Marc Zinga), un « tueur », et compte bien lui trouver un club de première division en Belgique.

D’entrée de jeu la carte de l’humour est mise en avant : la Brabançonne se fane pour faire place à une musique « exotique » qui sert de prémisse à une succession de clichés tant sur l’Afrique que sur le plat-pays (à commencer par le « peil bruxellaer » qu’incarne, avec un accent plus qu’appuyé, Benoît Poelvoorde). Un ton aussi caricatural que balourd qui assoit les bases tant scénaristiques que de mise en scène – celle-ci tendant à un déplorable caractère platement démonstratif.

A travers les interactions et le discours de son principal protagoniste, Benoît Mariage esquisse un portait acerbe de la Côte d’Ivoire. Il n’épargne ni les occidentaux ni les africains qu’il caractérise à gros traits et qu’il confronte à des situations réalistes qu’il n’approfondit cependant jamais. L’humour côtoie ainsi le drame avec une légèreté déplaisante. Alors que la ligne narrative du film présente un clair basculement de drôle vers le tragique, le réalisateur n’en acte dans son approche que de manière pathétique et démonstrative. Parvient-il à transcender les mécanismes et les rouages du monde du foot qu’il ne semble s’intéresser, au-delà de leur caricature « humoristique », qu’au pathos de ses protagonistes – sorte de manichéisme entre « le rire » et « les larmes ». Le pathos se trouve dès lors exacerbé sans finesse à l’instar des renforts musicaux ou d’un triste changement dans la gamme du surjeu.

La platitude de la mise en scène et son absence d’originalité a néanmoins l’intérêt d’être efficace qu’importent la pauvreté du découpage (tout mécanique), les problèmes de raccords (tant visuels que sonores) et la grossièreté de l’interprétation.

Les Rayures du Zèbre

LES RAYURES DU ZEBRE

Réalisation : Benoît Mariage
Belgique / Suisse / France / Côte d’Ivoire – 2013 – 80 min
Distribution : Bardafeu Distribution
Comédie / Drame

photo-Les-Rayures-du-zebre

LES+RAYURES+DU+ZEBRE+PHOTO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>