Les Petits Mouchoirs

On 18/10/2010 by Nicolas Gilson

Avec son troisième long-métrage, Guillaume Canet met en scène habilement un récit choral au sein duquel s’entrecroisent de nombreuses thématiques sous le signe de l’amitié. Celles-ci se développent au regard d’une galerie de personnages – tous unis par des liens de longue date – ébranlés par un accident violent ayant happé l’un d’entre eux. Et bien que celui-ci se retrouve aux soins intensifs, le groupe d’amis décide de partir tout de même en vacances, comme chaque année.

D’emblée, effroi et légèreté s’entrecroisent. Guillaume Canet lie avec brio les larmes et les sourires. La complicité amicale s’impose vivement et se veut irradiante. Il parvient à communiquer au spectateur les sentiments et les sensations ressenties par ses protagonistes. Il opte pour une caméra mobile et pour un cadre serré qui conjointement créent une dynamique de complicité. Il parvient à mettre à nus l’ensemble des personnages, à en offrir une riche rencontre, dans la douleur et dans la joie.

La première prouesse tient à la construction des protagonistes. Si la galerie mise en place est riche par la pluralité de visages, elle l’est d’autant plus par l’évolution – la caractérisation première en cache souvent une autre plus complexe – et le dévoilement, lent mais certain, de chacun d’entre eux. Tous ne cessent de se définir, de se complexifier à mesure qu’il est offert au spectateur de les découvrir. La justesse du dialogue – lui-même tantôt léger, tantôt profond – est une arme efficace adroitement manipulée par Guillaume Canet. Il parvient ainsi à lier comédie et drame, à convier le spectateur au cœur d’un curieux réalisme.

De l’écriture transparaît une justesse de ton qui est admirablement développée dans la mise en scène. Plus encore, le réalisateur parvient à inscrire son récit dans la réalité commune par le biais de menus détails trop souvent oubliés au cinéma – à l’instar d’un préservatif, accessoire dont l’emploi est judicieusement élipsé mais dont l’inscription est payante. Les gestes des protagonistes prennent sens. Les silences deviennent parlant. Guillaune Canet parvient alors à capter l’indicible.

Les récits s’entrecroisent comme autant de devenirs, avec centralement l’hypothèse d’individualité au regard de l’amitié. Les non-dits et les mensonges explosent. Les aveux perturbent ou font mal. La pluralité des sujets envisagés est impressionnante. Tout comme l’acuité du réalisateur à les mettre en scène. Un bémol toutefois sur la finalité de l’ensemble, quelque peu évidente mais sans doute nécessaire.

LES PETITS MOUCHOIRS
♥♥(♥)
Réalisation : Guillaume CANET
France – 2010 – 145 min
Distribution : Cinéart
Drame
EA
FIFF – Regards du présent

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