Les gamins

On 24/04/2013 by Nicolas Gilson

Si LES GAMINS porte bien sont titre c’est que le terme peut servir de définition au film. Avant d’en qualifier les protagonistes, le mot désigne l’esprit même du trio de scénaristes (Max Boublil, Noé Debré et Anthony Marciano) derrière ce projet de comédie : s’il est clair qu’ils se sont amusés à imaginer bon nombre de situations absconses, tordantes ou ridicules et à signer quelques répliques savoureuses, l’écriture manque de maturité quant à la ligne générale. Ancré dans une réalité bancale, le film manque de rythme mais séduit tout de même à force de légèreté et – paradoxalement – de balourdise.

Les Gamins - Boublil et Chabat

Max Boublil interprète avec conviction le rôle de Thomas qu’il s’est taillé sur mesure. Ce chanteur de mariage en quête de reconnaissance plus que célébrité qui suit dans son délire son futur beau-père dont il devient le complice du regain de jeunesse… Incarné par un Alain Chabat en grande forme celui-ci trouve son charme dans un manque certain de finesse et un caractère archétypal aussi agaçant que délectable. Face à ce duo de comiques, le casting féminin est irradiant : Sandrine Kiberlain et Mélanie Bernier donnant au film une teinte romanesque et un curieux volume réaliste.

Plus de quatre années de travail ont été nécessaire à Anthony Marciano avant de pouvoir diriger Max Boublil et de voir son film sortir en salle. Sa première réalisation est techniquement maîtrisée sans que son approche esthétique ne tende à nulle autre prétention que démonstrative – habile mécanique. Il joue avec les attentes du spectateur et soigne son conditionnement avec efficacité si bien que l’humour fait mouche avec force. Et face aux affres de la comédie française contemporaine, ce n’est que gageure.

Le scénario présente l’avantage d’entremêler une pluralité de types d’humour et de degrés. Toutefois s’il fait preuve d’une exagération souvent savoureuse, il se révèle quelque fois indigeste. Car outre une ligne narrative peu novatrice et pour le moins mielleuse, fondue dans une logique pseudo-réaliste tout en cherchant à s’en émanciper, l’écriture témoigne d’appuis manifestes et inutiles qui plombent le rythme général plus qu’ils n’y participent. Néanmoins moult idées et conneries – alors de délicieuses gamineries – se bousculent afin que le rire éclate (ou qu’un sourire s’esquisse en cas de tendance à la bouche fine). Du sosie de Patrick Bruel à la piscine à boules en plastique, de la caricature du monde de la musique à l’hommage aux frères Farrelly (époque MARY A TOUT PRIX), nombre de sketches surprennent, enchantent ou laissent pantois.

Les Gamin - Sandrine Kiberlain et Alain Chabat

LES GAMINS
♥(♥)
Réalisation : Anthony Marciano
France – 2013 – 96 min
Distribution : Victory Productions
Comédie

Les gamins - affiche

Les Gamins - Max Boublil et Mélanie Bernier

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