Les beaux jours

On 18/06/2013 by Nicolas Gilson

En adaptant avec Fanny Chesnel le roman de celle-ci (« Une jeune fille aux cheveux blancs »), Marion Vernoux signe un film d’une rare superficialité. Le sujet est riche, fort même, mais la réalisatrice n’en fait rien d’autre qu’une composition balourde dépourvue de relief. Si une histoire digne d’intérêt ne fait pas un scénario, LES BEAUX JOURS en est la preuve. L’avantage est qu’ici l’auteure est en partie responsable de ce cuisant échec. La curiosité serait de revoir (enfin) Fanny Ardant au cinéma, dans un premier rôle. Malheureusement, de cinéma, dans l’approche il n’en est pas question.

Les beaux jours - Fanny Ardant - Laurent Lafitte

Caroline (Fanny Ardant) a soixante ans. Elle a reçu de la part de ses filles un forfait découverte dans un club pour personnes retraitées (Les beaux jours) où elle se rend fière et sans conviction. Si elle ne voit pas l’intérêt du centre et ne se sent pas prête à partager la moindre complicité avec ses condisciples, elle y rencontre un professeur d’informatique qui va motiver chez elle curiosité et appétit. Est-ce dans les bras d’un homme de l’âge de ses filles que Caroline va pouvoir renaître ?

Peu à peu, au fil d’un scénario qui manque de finesse, Caroline se dévoile. Bien que l’on découvre ses émois, jamais il ne nous est donné de la rencontrer. Chaque enjeu, chaque basculement est platement démonstratif et est révélé dans le dialogue. L’écriture se sent et se ressent amèrement. Plus encore les personnages secondaires, caricaturaux au point que nous ne pouvons que s’interroger sur la motivation des scénaristes, sont tous plus creux les uns que les autres. Pourquoi tant de superficialité ?

Les rares moments où nous découvrons Caroline seule, elle avance sur la plage. Des scènes qui en plus d’être creuses sont accompagnées de renfort musicaux qui tiennent du ridicule. Si quelques séquences auraient pu donner du relief au personnage et de la force aux enjeux (voire une justification à ces stases recherchées au bord de la mer), l’approche esthétique dépourvue de personnalité est telle que le film s’impose comme démonstratif et artificiel – n’épinglons que les renforts musicaux conditionnant ou la dynamique palpable du montage. Le soin apporté aux décors, aux costumes et aux accessoires assoit cette hypothèse tant ils semblent être autant de caricatures au coeur d’une autre. Malgré la richesse du casting, celui-ci ne convainc guère – qu’importe le merveilleux que transcende Fanny Ardant.

Les beaux jours affiche

LES BEAUX JOURS

Réalisation : Marion Vernoux
France – 2013 – 94 min
Distribution : ABC Distribution
Comédie dramatique

Fanny Ardant - Les beaux jours

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>