Adèle Blanc-Sec (Les Aventures Extraordinaires d’)

On 13/04/2010 by Nicolas Gilson

Film de la désolation qui propulse définitivement Luc Besson au rang des incapables lézardant, ADELE BLANC-SEC est consternant : de la mise en scène à la direction d’acteur, du découpage à la photographie, de l’adaptation scénaristique au montage, des grimages aux effets spéciaux … aucun élément n’en sauve un autre.

Le schéma narratif du film est affligeant et ne semble résolument pas pensé cinématographiquement : aucun relief, aucune singularité n’en émanent si bien que l’œuvre de Tardi semble pauvrement transposée. Une kyrielle de trucs et astuces éculés et radicalement démonstratifs sert de ligne esthétique. Alors que le découpage paraît renvoyer à des valeurs de plan propres aux planches de dessin – une rythmique allant du plan large au gros, voire très gros, plan – Besson n’opte jamais pour une visualisation de ces cases. Le montage au sein d’une même séquence est monstrueux. Seul un splitscreen aurait pu sauver l’ensemble, ancrer une mise en abîme et arrondir les angles …

Mais cela serait sans compter la nullité de l’ensemble du casting, Louise Bourgoin en tête. Chaque réplique sonne faux. Tout est surjoué et âprement caricatural. Mauvais choix ou inexistence d’une acuité à la direction d’acteur ? Tout est simiesque et grossier : en comparaison OUI-OUI et ses amis témoignent d’une étonnante crédibilité.

Le maquillage et les costumes sont bien pensés : bien qu’ils adhèrent parfaitement à la logique grotesque de l’ensemble, ils donnent vie à une galerie de personnages. Il est cependant bien triste de constater que derrière les masques et les toilettes ne se trouvent que du vent. Pire encore est l’inadéquation des choix photographiques : la clarté de la lumière confronte irrémédiablement le spectateur à la visualisation du travail pourtant soigné des maquilleurs et prothésistes. Mais à côté des effets spéciaux aussi aberrant qu’atterrant, cela s’oublierait presque. Alors que le film repose justement sur ceux-ci ! La qualité de l’animation de synthèse est nullissime : au mieux elle laisse à penser, à regret, à MARY POPPINS de Robert Stevenson (1964) ; au pire elle conduit du rire à la vomissure.

Quant à la musique atmosphérique d’Eric Serra, elle épouse admirablement l’ensemble.

LES AVENTURES EXTRAORDINAIRES D’ADELE BLANC-SEC

Réalisation : Luc BESSON
France – 2009 – 107 min
Distribution : Belga Films
Aventure / Policier / Fantastique
EA

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