Légitime Défense

On 25/04/2011 by Nicolas Gilson

LEGITIME DEFENSE s’ouvre sur une « image » archétypale du bonheur familial : le héros, dont nous ne connaissons pas encore le statut, gazouille dans les prés avec sa femme et leur bébé. Toutefois l’hypothèse policière – ou de thriller – s’impose radicalement dès la deuxième séquence : un homme y est tué et une valise dérobée. Nous retrouvons alors le premier personnage qui s’établit d’emblée comme central. Son père, dont le bureau de détective privé a été retourné, a disparu et une valise lui est réclamée par des gros bras sous 24 heures. En un instant son monde s’écroule. Il tente de retrouver son père, afin de solutionner la situation au mieux et au plus vite, et endosse peu à peu une carrure qui contraste avec son identitaire premier.

Pierre Lacan opte pour une captation en mouvement qui n’est ni très originale ni très fluide. Sans doute veut-il ainsi rendre compte de l’état d’esprit des protagonistes mis sous pressions. La musique enrobe le film de manière à assurer ponctuellement une mise en condition de nos sens.

Le scénario est sans réelle épaisseur bien qu’il combine une quête initiatique – un fils parti à la recherche de son père – et un polar aux divers rebondissements. La structure narrative est quelque peu éclatée malgré la centralité du personnage interprété par Jean-Paul Rouve alors que la construction temporelle du film repose sur la perception du protagoniste. Flash-backs et flash-forwards prennent place afin de nous mettre en condition, en appétit, ce qui ne fonctionne que bancalement.

Force est de constater que la qualité de l’ensemble du casting est le point fort du film. Jean-Paul Rouve interprète avec brio ce protagoniste qui prend corps peu à peu – de manière peut-être trop démonstrative et peu crédible, mais n’est-ce pas voulu par le « genre » ? Il rencontre une galerie de personnages riches dans leur interprétation malgré une caractérisation caricaturale. Olivier Gourmet insuffle notamment une cruelle intensité au rôle qu’il tient.

Les personnages féminins par contre sont d’une rare mièvrerie malgré la présence au générique de Sandrine Blancke et de Marie Kremer. C’est que les femmes sont reléguées au second plan, malgré une importance décisive dans l’évolution narrative : elles sont autant de passe-plats, sans réelle substance, figées dans une définition fort peu subtile – autre loi du « genre » peut-être.

LEGETIME DEFENSE

Réalisation : Pierre LACAN
France / Belgique – 2010 – 82 min
Distribution : uDream
Thriller

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