Le vent se lève

On 04/03/2014 by Nicolas Gilson

Ultime réalisation de Hayao Miyazaki, LE VENT SE LEVE est tout à la fois une ode à la création, à l’imaginaire et à la romance. A travers le portrait de Jiro Horikoshi, l’ingénieur père du chasseur Zero, le maître de l’animation survole l’histoire de l’aviation japonaise – voire celle du pays – en adoptant le point de vue du protagoniste dont les rêves composent une grande part du récit.

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Enfant Jiro se voit aviateur. Les avions et leurs créateurs semblent n’avoir aucun secret pour lui. Pourtant affublé de lunettes, le garçon sait qu’il ne pourra jamais que fantasmer l’idée d’être pilote. Bientôt ingénieur, il caressera néanmoins son rêve en participant à la révolution de l’aéronautique alors que le Japon s’engage dans la seconde guerre mondiale. En parallèle sa vie amoureuse bascule du coup de foudre à une cruelle tragédie.

Le scénario de Miyazaki instaure d’entrée de jeu un dialogue entre l’imaginaire et la réalité relative qu’il met en scène. En esquissant les rêves et les aspirations de Jiro Horikoshi, il nous fond proprement à son ressenti et nous emporte au fil de ses songes (ou de ses cauchemars) au coeur d’une vivifiante source d’inspiration où le jeune homme peut piloter lui-même un avion et survoler le monde, rencontrer Giovanni Battista Caproni, discuter avec lui et suivre ses conseils. Parvient-il, en la fantasmant, à mettre en scène l’origine de la créativité de l’ingénieur que le réalisateur loue proprement l’infinité des possibles à laquelle ouvre le rêve.

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Composant une biographie (trop) elliptique de l’ingénieur aéronautique, Miyazaki choisit d’en montrer les grands épisodes de la vie professionnelle et amoureuse. Tente-t-il d’entremêler les deux que la dernière – malgré ses grand élans – s’avère bien superficielle. Et malgré les longueurs c’est sans doute là le principal reproche qui pourrait être fait à l’approche narrative : suivre les grands mouvements de la vie de Jiro Horikoshi en ne développant réellement sa personnalité – certes magistralement – qu’à travers son imaginaire qui demeure toutefois au second plan.

Réel artisan, Hayao Miyazaki s’intéresse néanmoins avant tout à transmettre les sensations de son protagoniste. Il compose ainsi un voyage singulier entrelaçant les grands mouvements de sa vie et son imaginaire au sein duquel il rend notamment palpable ses perceptions physiques lorsqu’il vogue dans les airs. Le vent nous happe alors que l’inventivité du réalisateur s’impose comme enchanteresse. Transformant les lunettes de son protagoniste – l’objet de son handicap – en l’écran sur lequel il projette sa rêverie, il se veut une nouvelle – et dernière – fois magicien.

Le vent se lève - affiche

KAZE TACHINU
LE VENT SE LEVE
♥♥(♥)
Réalisation : Hayao Miyazaki
Japon – 2013 – 126 min
Distribution : Lumière
Animation / Biopic / Drame

Venise 2013 – Compétition Officielle
Anima 2014 – Compétition Officielle – Film d’Ouverture

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