La tête en friche

On 16/06/2010 by Nicolas Gilson

Adaptation plate et sans saveur du roman de Marie-Sabine Roger, LA TETE EN FRICHE est un film de dialogues dépourvu du moindre intérêt esthétique. La construction scénaristique, d’un éprouvant classicisme, est palpable. La direction d’acteur, caricaturale et synthétique, est détestable tant le jeu est récitatif et appuyé. Les gestes, qui se veulent ponctuellement porteur de sens, sont soulignés avec une absence totale de finesse. Certes Jean Becker crie son amour pour la littérature, mais son approche cinématographique est telle qu’il semble ne pas être passionné de cinéma : étrange paradoxe.

L’approche esthétique tend aux stéréotypes, tout est banal et éculé : au champ succède un contre-champ, à l’évocation se colle une visualisation, au sentimentalisme correspond un renfort musical atmosphérique … Mais ce manque d’originalité correspond en tous points à l’écriture : une écriture dont le dialogue prévaut. Les gestes ne servent qu’à illustrer, à compléter ce que les mots imposent. Et que l’on adhère ou non à la logique discursive, la mise en scène est d’une désolante platitude – sandwich à l’appui.

LA TETE EN FRICHE
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Réalisation : Jean BECKER
France – 2009 – 82 min
Distribution : Cinéart
Comédie dramatique

One Response to “La tête en friche”

  • Pas du tout d’accord avec l’analyse de ce site. Peut-être conviendrait-il de nuancer et de mettre l’accent sur ce qui porte le plus dans ce film, autrement dit non pas la mise en scène (qui n’est pas ici le but en soi de ce film « conventionnel », mais uniquement un moyen de faire passer quelque chose) mais sur tout le reste justement. Tout le reste, c’est un « petit quelque chose » constitué à la fois du plaisir de dialogues sérieux et amusants, d’une adéquation entre ces mêmes dialogues et un jeu d’acteur qu’à titre personnel j’ai trouvé tout sauf convenu (Depardieu qui peut enfin rejouer comme un acteur et non plus comme une machine à rapporter de l’argent, quel plaisir !), d’un film qui parle du plaisir de la lecture (ce qui est tellement rare); bref, c’est un mélange subtil, qu’on ne peut pas décortiquer comme une analyse faite à l’aide de mots tels que « construction scénaristique ».

    Quant à la fin convenue, quelle importance! Doit-il y avoir systématiquement une fin originale dans une histoire d’amour ou d’amitié (puisque c’est ça le sujet principal du film)? Ce qui compte, c’est l’histoire de la relation, pas comment elle finira.

    J’éprouve donc un certain regret que les auteurs de ce poste aient finalement eu l’impression de perdre 82 minutes de leur temps, parce que quant à moi, je pense qu’il fut loin d’être le cas. Peut-être devraient-ils ne pas systématiquement chercher LE chef-d’oeuvre mais savoir profiter du temps qui passe: après tout, c’est peut-être là aussi le message de ce film beaucoup plus profond que ne le laisse supposer une analyse aussi superficiel.

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