Le sac de farine

On 08/01/2013 by Nicolas Gilson

Premier long-métrage de Kadija Leclère, LE SAC DE FARINE manque cruellement de sensibilité. Bien que le scénario aborde de nombreux enjeux, il est construit sans style et ne présente in fine que peu d’intérêt. L’approche esthétique est nulle et la direction d’acteurs est platement (dé)monstrative. Non que les comédiens soient mauvais – bien que ne s’en sorte que Hiam Habbas – mais ils sont tellement mal guidés – ou orientés vers une représentation empruntée – qu’ils perdent tout crédit.

D’entrée de jeu la balourdise dont témoigne la réalisatrice s’impose. La séquence d’introduction repose sur une écriture plus grossière que maladroite et est mise en scène avec un même manque de finesse. La rencontre de la jeune Sarah dans un confessionnal est pathétique à tous points de vue. En voulant créer une dynamique empathique, Kadija Leclère sombre d’emblée vers le pathos dont elle ne s’émancipe plus ensuite.

Les éléments narratifs se mettent en place avec fracas : âgée de 8 ans, Sarah est emmenée par son père au Maroc qui la confie à sa soeur avant de disparaître, la fillette découvre alors une autre réalité où l’éducation des femmes se résume à la couture et au tricot. Alors que le désarroi qui soudain assomme Sarah est riche, la réalisatrice l’approche sans sensibilité. Jamais elle ne nous donne la possibilité de partager les émotions qui animent l’enfant. Cette entrée en matière est complétée par une rencontre entre Sarah et sa mère plus éprouvante pour le spectateur qu’elle ne l’est pour la protagoniste. Et malgré la pertinence des questions soulevées (avec un saut dans le temps de 1975 à 1984 et la confrontation à la « réalité » de vie d’une adolescente « mariable »), l’ensemble du scénario fatigue.

A ce manque de volume narratif, répond une réalisation dépourvue de sensibilité. Les actions et les dialoguent prennent place sans la moindre véracité.

LE SAC DE FARINE

Réalisation : Kadija LECLERE
Belgique / Maroc – 2012 – 100 min
Distribution : La Compagnie Cinématographique
Drame

FIFF 2012 : Compétition Emile Cantillon

6 Responses to “Le sac de farine”

  • Monsieur Gilson, je ne suis pas du tout d’accord avec vous.J’ai 15 ans et votre critique me semble tout a fait déplacée. Les termes que vous avez employé sont tout bonnement inadmissible pour un critique soit disant « professionnel » et surtout adulte.Cordialement, je vous emmerde…

  • Je n’ai pas vu le long de Kadija Leclère mais par malheur j’ai subi ses courts, et cela me permet de comprendre avec acuité la pertinence des propos énoncés ci-dessus : une complaisance de la forme qui échoue à pallier la vacuité du fond, tel est le cinéma de Kadija Leclère.
    Quant à la notion de la pratique du sport comme garante d’une lucidité critique, pour réaliser moi-même trois courts intensifs par semaine de body combat en salle, je confirme que cela ne change en rien mon avis (voire l’aiguise) sur cet attrape-nigauds que constitue un cinéma boursouflé de sentiments stéréotypés et sans histoire(s).

  • Ce beau film m’a transportée au Maroc…

  • J’ai vu ce film et suis révoltée de lire cette critique au vitriol.Déjà faudrait-il apprendre à écrire un français sans faute avant de se lancer dans de telles diatribes assassines…Mais ce qui me désole bien plus que votre malheureuse orthographe et votre absence de style,c’est la méchanceté gratuite avec laquelle vous semblez vous gargariser et qui est si familière à ceux et celles qui n’ont pas le talent de leurs ambitions et qui à défaut de prendre des risques,se tapissent sournoisement derrière la tâche facile de tirer à bout portant sur ceux qui en prennent.
    Personnellement j’ai trouvé ce premier film très réussi et ne me suis pas ennuyée un seul instant…Même s’il y’a des choses à redire.
    Il est possible d’évoquer les points forts et les points faibles d’une oeuvre sans pour autant sombrer dans la vulgarité.
    Il est possible de critiquer un film tout en RESPECTANT le travail qui a été fait monsieur…Gilson,mais pour cela,il faut de la sensibilité et du talent,deux qualités qui de toute évidence vous font cruellement défaut.

  • Si le film manque cruellement de sensibilité , monsieur Gilson manque encore l’occasion de nous prouver que la critique est aussi un art ! » vous excellez à distiller à la fois le suc et l’acide , à lécher et à mordre en même temps  » ( Henry de Montherlant )
    La grande majorité de vos critiques sont des  » Coups de gueule  »
    Devenir critique de cinéma ne demande aucune formation particulière ( Wikipédia ) c’est votre cas !
    Tournez sept fois votre plume avant de nous pondre une critique qui n’amuse que vous , et laissez le spectateur se délecter de ce magnifique film

  • Pour assassiner quelqu un on ne pouvait pas faire mieux, il y a tellement de haine dans votre écriture et de mépris envers un travail sincère que je trouve moi très abouti pour un 1er film que je me demande si vous êtes totalement objectif avec votre verve trempée dans l acide…faites du sport et ouvrez les yeux nicolas gilson

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