Le Moine

On 05/07/2011 by Nicolas Gilson

En adaptant le roman de Matthew G. Lewis, Dominik Moll signe un film abracadabrant, tout à la fois un film dramatique et fantastique, qui est plus que rocambolesque. Le réalisateur s’attaque à nouveau aux jeux et aux enjeux de la manipulation et de l’influence « malsaines ». La figure diabolique est à ce point exacerbée qu’il s’agit, ni plus, ni moins, de Satan.

La séquence d’introduction du film pose les enjeux. Le Bien et le Mal se retrouvent confrontés au cœur du lieu de l’expiation : le confessionnal. Enfin, cette introduction (Ambrosio confessant un pédophile) en précède une autre (l’histoire d’Ambrosio) précédant elle-même la mise en place générale d’une série de protagonistes (avec en figure centrale Ambrosio) qui va permettre celle de nombreux enjeux (périphériques) qui vont conduire à une complexification… Mais plus que de rebondissements, il est question d’épuisement ! Les enjeux contenus dans le scénario sont nombreux, quelques fois inquiétants et intrigants, quelques fois très critiques sur la société et la religion. Toutefois la construction narrative – car Dominik Moll ne parvient pas à s’émanciper de la narration – est telle qu’elle s’avère bien pauvre, caricaturale et bancale.

Si l’écriture épuise – et comptons le montage et l’emploi d’une séquence d’introduction avec voix-over comme participant à l’écriture – les choix esthétiques laissent perplexes. Le contraste entre l’ombre et la lumière semble incontournable pour témoigner du combat entre les notions absolues (le bien et le mal). A celui-ci répondent, en vrac et sans être aboutis, une exacerbation de la couleur rouge, un jeu d’effets en « iris », des teintes très contrastée des éclairages (Dominik Moll flirte tantôt avec le noir et blanc, tantôt avec la surexposition et la luminosité)… Les genres se répondent et s’imbriquent sans s’épouser. Cette assimilation qui fut la force du réalisateur de HARRY UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN et de LEMMING, lui fait ici cruellement défaut.

Dessinant d’abord une dynamique de genre, la musique s’impose rapidement comme un effet de mise en condition avant de se révéler n’être bien souvent employée que comme pur remplissage. Elle inscrit toutefois un contraste tellement vif qu’elle invite au rire.

L’interrogation s’ouvre alors sur la nature même du projet. Le pastiche n’est jamais loin mais ne semble pas assumé sur la globalité du film. Pourtant les éléments caricaturaux sont nombreux tant dans l’écriture que dans les choix de mise en scène qui frôlent vivement le ridicule.

LE MOINE
•/♥
Réalisation : Dominik MOLL
France / Espagne – 2010 – 101 min
Distribution : Lumière
Drame – Fantastique

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