Le Jour des Corneilles

On 22/10/2012 by Nicolas Gilson

Pour son premier long-métrage d’animation, Jean-Christophe Dessaint met en scène l’adaptation du roman de Jean-François Beauchemin, « Le jour des Corneilles ». Ecrit par Amandine Taffin, le scénario est également une première oeuvre. Et le pari de transformer un livre pour adulte en film d’animation pour enfants est réussi ! Magique et sensible, LE JOUR DES CORNEILLES échauffe le coeur.

D’entrée de jeu, LE JOUR DES CORNEILLES impressionne au sens premier du terme : le déchainement des éléments naturels qui ouvre le film conduit aux sensations ; la dynamique de cadrage, l’animation et le travail sur le son ne peuvent que séduire et troubler le spectateur. La musique ponctue ce que la mise en scène et l’écriture mettent en place avec acuité.

Au-delà des sensations, la séquence d’introduction est intrigante. Elle confronte une grande douceur et une ode à la nature à une certaine brutalité. Peu à peu les éléments se mettent en place, des figures se dessinent. Un père et son fils vivent dans la forêt où une seule règle semble s’imposer : dominer ou être dominer ; être chasseur ou gibier. Le fils, qui dialogue avec d’étranges créatures aux contours humains et aux visages d’animaux – les esprits de l’Outre-Monde –, découvre par hasard que le monde ne s’arrête pas à la lisière de la forêt contrairement à ce que son père prétends.

Lorsque ce dernier est victime d’un accident, le fils est guidé aux portes de cette frontière par les esprits de la forêt qui l’invite à en sortir pour lui venir en aide. Le fils découvre alors un univers complètement neuf, le nôtre, où il fait la rencontre heureuse de Manon, la fille du docteur qui soigne son père. Celle-ci, étonnée d’apprendre qu’il n’a pas de prénom, prend son père pour un ogre. Le fils stupéfait de voir l’amour qui unit Manon à son père, se met en quête de l’amour que le sien a perdu…

LE JOUR DES CORNEILLES aborde avec brio de nombreux enjeux comme la relation parent-enfant, la socialisation ou encore le deuil. Le film met en scène un récit initiatique au centre duquel les symboles sont plein de sens. Si quelques longueurs sont présentes de-ci, de-là dans le développement scénaristique, LE JOUR DES CORNEILLES enchante. Humain, le film témoigne d’une fraîcheur et d’une simplicité touchantes. Si la narration l’emporte, l’approche esthétique n’en est pas moins intéressante.

Le travail effectué sur les décors et les sensations sonores et visuelles qui y sont liées est superbe. L’animation des personnages, qui contraste quelque peu, permet de jouer avec les styles graphiques en sortant de la dynamique réaliste et « impressionniste » induite par les éléments et d’ainsi insuffler une dynamique quelque fois proche du « cartoon ».

LE JOUR DES CORNEILLES
♥♥♥
Réalisation : Jean-Christophe DESSAINT
France / Canada – 2012 – 96 min
Distribution : uDream
Animation

FIFF 2012 – Compétition Emile Cantillon

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